Pitchfork jour 1 : it’s only rock’n roll

3 novembre 2017 Par
Antoine Couder
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This is the Kit, The Ride, Kevin Morby and the National en tête d’affiche, avec les renforts de Rone et de Chassol.

This is (not) the kit. On attendait avec impatience ce premier concert tant la petite bande franco-britannique de Kate Stables avait su titiller nos oreilles par sa grâce mélodique, la haute tenue de ses orchestrations et qui, dès le premier morceau se sont mises à briller, entraînant le déjà fort nombreux public de ce premier jour du Pitchfork 2017. Las, le son a finalement dégénéré, mauvais échos ajoutés à une certaine improvisation qui a fini de rendre ce set un peu confus. C’est vraiment dommage, la musique de This is the kit est souvent inspirée, de jolies ballades entre folk et rock plus emportée. On recommande avec enthousiasme l’album « moonchild freeze » qui vient de sortir chez Rough trades.

The Ride vs The National. La surprise va venir d’ailleurs, de ce show de Ride absolument jouissif dans cette façon d’enfin rompre les barrières qui ont tant bridé le développement de ce groupe prometteur des années 90. Depeche mode du pauvre, Ride s’est abîmé de l’intérieur entre shoegaze et brit pop pour finalement lamentablement splitté en 1997. Leur retour au-delà des prêchi-prêcha des terminologies britanniques se joue autour de mélodies rock simples (quasi à la U2 du début) et à l’énergie d’un son parfaitement maîtrisé. Belle performance un peu « Back to the future« presque interminable tant le groupe n’avait pas du tout envie de s’arrêter. Not a rebirth but a birth ! A côté, the National fera pâle figure et donnera une prestation un peu limite pour fans de toujours. Insuffisant.

Kevin Morby. C’était véritablement l’événement de la soirée et, en effet, le petit gars de Kansas City a été à la hauteur de l’attente de ses admirateurs, venus nombreux. Dès le premier morceau (City music), on comprend l’ambition du musicien, garant d’une tradition et toujours dans un léger pas de côté qui souligne son originalité. Avec faste et grandeur, il revisite et enrichit les classiques, Tom Petty, Lou Reed, Alan Vega, Bruce Sprinsteeen, Bob Dylan évidemment. On est sous le charme de cette nonchalance américaine, à la fois précieuse et technique. Et lorsque l’on s’approche de lui pour le féliciter, on découvre un très jeune homme qui sort à peine de son acné juvénile et portant un chapeau country en guise de Rosebud. Touchant.