[Live report] Les Francofolies de La Rochelle : Christophe Willem rend un magnifique hommage Michel Berger

15 juillet 2017 Par
Cedric Chaory
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« Allez c’est bon laissez-les tous rentrer. Y’a de la place … » lance Gérard Pont, directeur des Francofolies à l’attachée de presse du festival dans la vaste cour intérieure de La Coursive. Quelques minutes avant le début du concert archi-complet de Christophe Willem sont retenus à l’entrée de la salle journalistes et photographes venus couvrir l’événement et l’impatience se fait sentir. De guerre lasse, l’attachée de presse lâche le cordon, précisant aux photographes que seules les deux premières chansons peuvent être shootées ; les médias peuvent enfin se faufiler dans le Grand Théâtre.

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Sur scène Gérard Pont présente la carte blanche 2017 des Francofolies, soirée de tous les superlatifs : « le plus grands de nos actuels chanteurs-interprètes » (le jeune Willem donc) accompagné du « plus grand pianiste français » (Yvan Cassar) pour revisiter l’un « des plus beaux répertoires de la chanson française, œuvre de patrimoine » (feu Michel Berger dont on fêterait les 70 ans cette année). De quoi mettre une bonne pression aux artistes en coulisses.

C’est nus pieds que l’ex-« Tortue », muée depuis une dizaine d’années en un interprète ultra-célébré entre en scène, ouvrant ce récital piano-voix avec Seras-tu là ?, titre de 1975. Et déjà le premier frisson provoqué par la pureté de la voix de Monsieur Willem, un de ces mêmes frissons que nous avions immédiatement ressentis en 2012 lorsque le chanteur, alors amateur, apparaissait dans la petite lucarne. Monsieur Pont a raison : Christophe est au sommet, très, très en haut, du classement des interprètes français. Durant presque 2 heures, il revisitera, non sans un certain tract parfois palpable le répertoire 5 étoiles du poète Berger. Des inoxydables titres de l’opéra rock Starmania (puissants Monopolis et SOS d’un terrien en détresse) aux classiques de l’auteur-compositeur (Chanter pour ceux, , Le paradis blanc, Diego …), des tubes interprétés par France Gall (Evidemment, Elle elle l’a, Si maman si, Viens je t’emmène, Cézanne peint, Il jouait du piano debout) ou par Johnny Hallyday et Françoise Hardy (Tennessee, Message personnel), la set-list de la soirée privilégie l’ambiance feutrée avec ses éclairages clair-obscur d’où le chanteur peine à s’extraire. Mais l’objectif de cette carte blanche n’était-elle de jouer la solennité, l’humble hommage d’ « un papillon à une étoile », l’effacement de la star pour mettre en lumière paroles et musiques.

Sur une scène où trônent cinq pianos et de rares spotlight se sont succédés le violoncelliste Pierre-François Dufour et Serge Perathoner, collaborateur de longue date de Michel Berger notamment à l’occasion d’un medley très soul où la voix de Willem a brillé comme jamais. Comme dans la récente comédie musicale Résiste conçue par France Gall les premières notes de La groupie du pianiste vous lève illico une salle, en transe. De 7 à 77 ans, troublante cette unanimité pour une œuvre intemporelle !

À l’occasion du rappel au son de Message personnel, Christophe Willem explique qu’il serait partant pour faire 4h de concert tant le répertoire de Monsieur Berger regorge de pépites voire même rester 10 jours à La Coursive. Oui, définitivement oui Christophe !