[LIVE REPORT] IBEYI, IBRAHIM MAALOUF, SOUCHON & VOULZY, THE LIBERTINES et LOUISE ATTAQUE aux Vieilles Charrues 16/07/2016

17 juillet 2016 Par Thibaut Tretout | 0 commentaires

Sous un soleil comme la Bretagne seule sait en gratifier ceux qui l’aiment, et pour le troisième jour consécutif du vingt-cinquième anniversaire des « Charrues », Toutelaculture aura eu fort à faire pour couvrir une programmation toujours spectaculaire, de trois heures de l’après-midi à trois heures du matin. Welcome in !

Vêtues d’un rouge éclatant, étincelantes de vie et de générosité, Lisa-Kaindé et Naomi Diaz confirment, s’il en était besoin, qu’elles sont les Ibeyi – jumelles, donc, en yoruba – les plus talentueuses de leur génération : le titre « River », pour ne citer que lui, repris en choeur par tout le public, s’impose d’ores et déjà comme un classique musicalement incontournable. De retour à Carhaix, mais cette fois sur la scène principale, le roi des trompettistes distille des mélodies ciselées comme des arabesques : Ibrahim Maalouf, engagé dans tous les combats que la musique exige, partage la vedette avec les joueurs de cornemuses d’une école de Saint-Malo dont il faut espérer, définitivement, qu’elle ne fermera pas.

Sur la scène Kerouac, accompagnée de musiciens aussi déchaînés que talentueux, Calypso Rose se révèle diva des Caraïbes, reine de Trinidad et la plus belle ambassadrice de Tobago. Dans sa robe bleue à paillettes, le visage illuminé d’un sourire à l’infinie tendresse, Linda McArtha Monica Sandy-Lewis arpente la scène au rythme chaloupé et difficilement résistible du « Zoom zoom zoom » ou de « No Madam », les festivaliers s’improvisant à leur tour danseurs du calypso le plus sensuel et le plus émouvant.

Impossible de l’ignorer : Alain Souchon et Laurent Voulzy sont des inséparables, mais qui ne s’étaient encore jamais produits à deux sur une même scène. C’est donc une première que ce concert en duo pour les dandies les plus virtuoses de la variété française, qu’ils auront marquée à jamais et marqueront encore. Alternant les tubes l’un de l’autre, riches d’une complicité palpable et partagée, « la Souche » et « Laulau » interprètent successivement « J’ai dix ans », « Carrément méchant », « Les fleurs du bal », un onirique « Rêve du pécheur », un endiablé « Bagad de Lann-Bihoué », sans oublier bien sûr ni « Belle Ile en mer » ni « Foule sentimentale ». Coup de maîtres et de génies, ce premier concert à deux, jusqu’au bout, fait mouche, et l’enthousiasme des festivaliers, quand Voulzy brandit le Gwenn ha du, atteint son paroxysme, sans exclure ni la gravité – « Et si en plus y’a personne » – ni la retro passion – « Rock collection » !

Suede, emmené par un Brett Anderson qui mouille pourtant la chemise, s’avère peu convaincant, le côté glam l’emportant sur le rock attendu, et au final peu entendu, contrairement aux échappées électrico-voyageuses et techniquement irréprochables d’un Fakear toujours aussi beau à entendre.

L’affichage, scène Glenmor, des lettres qui forment le nom de The Libertines, ameute et rameute un public qui brûle pour Carl Barât et pour Pete Doherty d’un amour vrai et mérité. Mené à la baguette, toutes caisses battantes, par un Gary Powell puissant et persuasif, le concert est un manifeste de ce que le rock anglais produit de meilleur. Pete Doherty, chemise à fleurs négligemment déboutonnée, n’est jamais plus sensuel que lorsqu’il partage un même micro avec Carl Barât. Déchaînés, inépuisables même, les interprètes de The Libertines ont littéralement transcendé la nuit carhaisienne.

Ce n’est pas le cas, en revanche, de Louise Attaque, dont le retour déçoit : Gaëtan Roussel, certes, conserve sur scène une présence indiscutable, et le violon d’Arnaud Samuel demeure un enchantement, mais il y a dans ce concert, ponctué d’arrêts incompréhensibles, entrecoupé de chansons inconnues des fans historiques, une affectation qui déplaît et qui explique, hélas, cette quête finale d’applaudissements qu’une prestation plus franche aurait permis d’obtenir sans les implorer. Par bonheur, la programmation offre de quoi surmonter rapidement cette déception, avec, au choix – un véritable dilemme, en l’espèce – The Avener sur la scène Glenmor, ou Danger sur la scène Grall. Si Tristan Casara dandy décalé délivre, toutes lumières savamment travaillées, un set de house palimpseste et dansante, Franck Rivoire ninja véner assène un son frappant qui le dispute à la force envoûtante d’une scénographie guerrière.

Texte et visuels : Thibaut Tretout et Gweltaz Le Fur


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