Laura Felder- Experte en Supervision musicale

26 octobre 2017 Par
Antoine Couder
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Professionnelle reconnue dans le secteur de la supervision musicale, Nora Felder a démarré avec le producteur légendaire Phil Ramone, travaillant avec de nombreux artistes tels que Paul Simon, Sinead O’Connor, Malcolm McLaren, ou encore Iggy Pop.  Elle a débuté sa carrière de superviseur à Los Angeles et s’est impliquée dans des projets tels que « Californication », « Stranger Things », « Ray Donovan », « The Night Shift », « The OA », « Better Things ». Elle travaille actuellement avec Jamie Foxx et Tom Kapinos sur la série « White Famous ». Cette année, l’Académie de la Télévision américaine va présenter pour la première fois une nouvelle catégorie d’Emmy qui récompensera « Le/La meilleur(e) superviseur». Nora Fedler fait partie de la liste des cinq nommés pour la série « Stranger Things ». 

« Quand j’ai commencé dans le cinéma, c’était un peu la crise. On vendait de la musique pour le film au moment de la sortie et puis après plus rien, ce qui n’incitait pas les maisons de disques à investir beaucoup. Et puis, travailler pour les séries télé est devenu très branché , c’est un véritable marché , très inspirant, porté sur la musique indie. D’ailleurs, celle-ci  est aujourd’hui un acteur à part entière du processus de création, la bande-son de « Strange things », par exemple,  est ainsi sortie en vinyle. C’est très exaltant pour tout le monde, de la production à la réalisation en passant par le marketing. Des agences se sont spécialisées dans la synchro, c’est bien et en même temps, on risque de tourner en rond, de ne pas capter quelque chose qui viendrait de l’extérieur de nos circuits.

La job de supervision – au-delà de la créativité- consiste à s’assurer que tout marche bien, que les droits sont corrects et que l’on peut effectivement disposer des tracks au moment où on en a besoin. La grande question c’est le prix, et bien sûr le just in time, entrer dans les délais, ne pas faire perdre de temps à production. Il m’arrive ainsi de renoncer à de très bons morceaux parce que je ne sais pas si les droits seront disponibles en temps voulu. Parce que ça va très vite., trois mois maximum.

Ensuite, mon travail consiste par exemple à chercher des musiques géolocalisées, écrite et diffusée au moment où se déroule la série, pas forcément des choses très connues d’ailleurs, mais toujours typiques. C’est pour ça que l’on ne prend pas trop de trucs français, pas très raccord.. Et puis il y a parfois un trop fort accent french quand il chante en anglais. Je cherche à identifier la musique que pourrait écouter tel ou tel personnage. On veut  compléter et enrichir  l’histoire, lui apporter un peu plus de matière. Je traque le truc déclencheur, ce que l’on appelle le « blast ». Au final, ce n’est jamais moi qui choisis, mais toujours la production. »

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