[Live-Report] « Soirée romantique » : Schumann, Weber, Mahler et Puccini en fête en clôture de Classicaval

10 mars 2017 Par
Yaël Hirsch
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C’est sur un programme vaste et magnifiquement romantique, que la 24e édition du festival de musique classique de Val d’Isère, Classicaval, s’est terminé ce jeudi 9 mars dans l’Eglise de la station pleine à craquer. Au piano tout au long de cette soirée chaleureuse où le public a pu revoir et réentendre ensemble tous les solistes du festival, le directeur artistique de Classicaval, Frédéric Lagarde, a aussi présenté chaque pièce, renforçant encore la cohérence de la musique et la cohésion des musiciens. Une vraie soirée de romance, de grande musique et de fête, à laquelle Toute La Culture a eu la chance d’assister.

classicaval

Après un petit mot de l’administrateur du festival, David Hemelsdael, Frédéric Lagarde est entré en scène avec la première soliste, l’altiste Geneviève Strosser pour présenter le premier morceau d’un programme romantique ambitieux : les Märchenbilder de Robert Schumann. Il a rappelé le lien fort qui existe entre le compositeur des Scènes d’enfant et la musique de l’enfance. Puis il s’est mis aux piano pour entrer en dialogue avec Geneviève Strosser et dire ces contes où l’enfance n’empêche ni la tension, ni le tragique.

Romantique, la soirée était aussi généreuse, avec toujours plus de musiciens sur scène. Pour le deuxième morceau de Carl Maria von Weber, ce sont le violoncelliste Milan Vrsajkov et la flûtiste Anne-Cécile Cuniot qui sont entrés en scène. Depuis son piano, Frédéric Lagarde nous a prévenus : Weber c’est aussi théâtral que virtuose et ce trio avec flûte en quatre mouvements est quasiment un vaudeville. D’ailleurs, si la flûtiste était prête à jouer le bergère sur le point d’être séduite, le violoncelliste serbe n’avait pas rasé sa barbe pour jouer « le loup ». C’est avec infiniment de dextérité que ces derniers ont marivaudé via leurs instruments, appuyant les sublimes envolées des actes 2 & 4 de sourires complices et mêmes de rires qui ont donné à cette performance classique exceptionnelle de faux airs d’improvisation de jazz, tant le climat était chaleureux. Le public a sagement attendu que les dernières notes s’évaporent pour applaudir à tout rompre.

Après le trio, le quatuor. Celui que Mahler a composé dans sa jeunesse et qu’on avait perdu jusque dans les années 1960. Au violon, Pierre-Olivier Queyras rejoint Frédéric Lagarde, Milan Vrsajkov et Geneviève Strosser pour  nous faire entendre à eux quatre toute un mouvement de symphonie. Superbement concentré, le public a reçu ce quatuor avec beaucoup d’émotion.

Enfin, en dernière partie de soirée, place au chant, avec en vraie diva divinement parée d’une robe fuchsia, la sublime soprano Shigeko Hata (notamment remarquée pour Zaïde de Mozart à l’Opéra de Rouen) accompagnée par Frédéric Lagarde au piano nous a enchantés dans deux grands airs classiques de Puccini: Un bel di vedemo et Vissi d’arte. Mais c’est accompagnée par tous les musiciens du festival dans le Ebben ne andro lontana (La Wally de Catalani) qui nous ramène toujours au sublime Diva de Beineix, qu’elle nous a mis au bord des larmes.

Enfin, en final, les musiciens de la 24e édition de Classicaval ont choisi de faire référence à Tintin avec le fameux « Air des Bjoux » de la Marguerite du Faust de Gounod. Aussi irrésistible actrice que puissante chanteuse, Shigeko Hata nous a fait sourire d’admiration, notamment dans sa deuxième performance d’affilée en « castafiore » totalement débridée. C’est dans un fou rire de notes puissantes que s’est terminé l’opus de mars du festival où l’air du soir montagnard favorisait non seulement le romantisme mais aussi les grandes amitiés musicales, autour de l’excellent Frédéric Lagarde,

visuel : YH