Abécédaire musical : O et P

16 juillet 2008 Par admin | 1 commentaire

Aujourd’hui O comme Oï et Old school, P commme Post-rock et P-Funk

O comme Oï

Malgré son nom on ne peut plus simple et sa forme primaire, le Oï est une musique d’initiée. Car avant de comprendre le mouvement, il faut réussir à faire la part des choses entre ses deux courants représentés par les skinheads d’extrême gauche, les anarchistes et nihilistes d’un côté et les skinheads d’extrême droite ou boneheads de l’autre. Pour compliquer les choses, ce sont de véritables copies carbones : même instru punk – qui sert plus, à l’instar du rap, de support que de musique – même look, même goût marqué pour la provocation, même classe sociale visée et donc même cri de ralliement « Oï, oï, oï ! ». Le oï est passé par beaucoup de phases. A sa naissance au milieu des 70′s, il fait figure de petit frère du punk, se prénommant justement « street punk ». C’est seulement suite au tournant fasciste pris par le groupe Skrewdriver que le oï se divise clairement. Se crée alors un nouveau mouvement, le R.A.C (pour rock against communism), clairement identifié à droite, qui permet au oï de se défaire partiellement de son étiquette raciste. Pour autant, beaucoup les mettent dans le même sac, préférant éviter les uns comme les autres, ce qui a le don d’envenimer encore un peu plus les choses. Et pour cause : les anarchistes n’aiment pas qu’on les traitent de fascistes et les fascistes n’aiment pas qu’on les confondent avec les « gauchos ».

Albums essentiels :

Sham 69 – That’s Life (1978)
Angelic Upstarts – Teenage Warning (1979)
Cockney Rejects – Greatest Hits Volume II (1980)

Sham 69 – Hersham boys (live)


O comme Old School

Si le terme old school est aujourd’hui largement galvaudé, il est également l’objet d’intenses débats parmi les puristes du hip-hop. Pour beaucoup, il trouve ses origines chez les Last Poets, proto-slammeurs auteurs du militant « Niggers Are Scared of Revolution » en 1970. Pour certains, il s’étend de 1979 à 1984, du « Rapper’s Delight » de Sugarhill Gang au premier album des passeurs de Run DMC. Pour d’autres, enfin, le old school vit jusqu’en 1992, date de l’avènement de Dr Dre et 2Pac. Si sa chronologie est toujours floue, le hip-hop originel possède de forts dénominateurs communs, notamment de solides fondations funk et Motown. Et s’il possède ses figures de proue, telles le massif Afrika Bambaataa, il n’oublie pas ses activistes cachés derrière les platines, comme Grand Wizard Theodore, l’inventeur du scratch.

Albums essentiels :
Sugarhill Gang – Sugarhill Gang (1979)
Kurtis Blow – Kurtis Blow (1980)
Grandmaster Flash & The Furious Five – The Message (1982)

Grandmaster Flash & The Furious Five – The Message


P comme Post-rock

Des notes douces, des progressions aussi subtiles que lentes, pas de vocaux : le post-rock est LA musique de rêveur par excellence. Apparu au début des années 90, le mouvement se caractérise plus par sa forme – de longs plans exclusivement instrumentaux- que par son style. Et pour cause, le post-rock pique autant au rock, qu’au jazz ou à la musique électronique. Son côté planant le coupe d’une bonne partie de la scène rock qui le trouve répétitif, voir carrément lourd. Pour autant, les formations post-rock ne sont pas effacées. Leurs identités bien trempées ont largement contribué à leur popularité, comme ça a été le cas pour les membres de Godspeed You Black Emperor lorsqu’ils ont ouvertement avoué leurs penchants anticapitalistes. Et même s’il reste confidentiel, le mouvement post-rock a su se faire une place dans le paysage musical mondial, à l’instar de Mogwai, qui a signé la B.O de Zidane : un portrait du 21ème siècle en 2006. Si bien qu’aujourd’hui, le post-rock est implanté partout où il y a une scène rock, de l’Asie à l’Amérique du nord en passant par l’Europe.

Albums essentiels :

Mogwai – Come On Die Young (1999)
Explosions In The Sky – Those Who Tell The Truth Shall Die / Those Who Tell The Truth Shall Live Forever (2001)
Godspeed You Black Emperor! – Lift Yr. Skinny Fists Like Antennas To Heaven! (2002)

Godspeed You Black Emperor! – Sleep

P comme P-Funk

Le P-Funk, contraction de Parliament et Funkadelic, est l’enfant terrible de George Clinton, cousin funky sous LSD de Lee Scratch Perry. En 1975, avec « Mothership Connection », Clinton chante le retour aux sources, non pas en Afrique, mais dans les étoiles. A partir de cette période, il développe une esthétique futuriste chargée en symboles et en vaisseaux spatiaux, fortement teintée d’afro futurisme. Pour beaucoup, le prophète à dreadlcoks se résume à un truisme devenu une devise : « move your feet and your ass will follow ». Ce serait oublier qu’il fût l’un des artistes les plus samplés du mouvement hip-hop naissant et l’un des premiers à réussir le crossover funk/rock avec une telle flamboyance.

Albums essentiels :

Parliament – Mothership Connection (1975)
Funkadelic – One Nation Under A Groove (1978)
P-Funk All Stars – Urban Dancefloor Guerillas (1983)

Parliament – Mothership Connection (live)

Yves Bouillon & Olivier Tesquet


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