Actu

Solidays : Quand l’amour de la musique revêt une cause humaniste

Solidays : Quand l’amour de la musique revêt une cause humaniste

06 juin 2018 | PAR Agnes Polloni

Ce mardi 5 juin au Conseil Régional d’île de France s’est tenue la conférence de presse du très attendu festival Solidays, qui se déroulera du 22 au 24 juin dans l’hippodrome de Longchamp. L’occasion de revenir sur les principales causes qui font vibrer les jeunes et son fondateur Luc Barruet.

Le festival Solidays, à la croisée des chemins entre « une rencontre de David Guetta et Sœur Emmanuelle », célèbre cette année ces vingt ans. Inauguré par Luc Barruet en 1999, un véritable « OVNI culturel » est né.

Difficile aujourd’hui dans le paysage musical de faire face à la concurrence de plus en plus rude, avec  l’émergence incessante de nouveaux festivals en tous genre, et mélangeant les genres, comme c’est le cas de We Love Green ou encore Lollapalooza Festival. Si Solidays parvient à se hisser encore en tête des ventes, réunissant près de 200 000 festivaliers sur trois jours, c’est aussi et surtout grâce à son engagement solidaire, et militant des personnes séropositives. Construit sur des valeurs de partage et d’entraide, Solidays ravive la flamme de toutes celles et ceux sensibles aux causes humaines, donnant du sens à la fête et arborant les couleurs de la solidarité.

Son fondateur rappelle d’ailleurs :  « La sensibilisation à l’éveil des consciences, l’engagement à l’éducation des jeunes, le soutien à la valorisation du tissu associatif,  l’emploi au développement durable, les satisfactions sont diverses et nombreuses. » Un engagement, une volonté qui se veut au-delà des frontières, le festival Français a su se frayer un chemin à l’international, de Bangkok à Bucarest. Tout cela repose non seulement sur ces acteurs locaux, culturels et politiques, mais aussi ses bénévoles chevronnés, qui par ce temps pluvieux y préparent l’installation. Sourire aux lèvres, d’un ton anecdotique Luc Barruet ajoute « Un soir d’une édition précédente, où il avait plu toute la journée, les bénévoles étaient éclairés dans une tente, tels des ombres chinoises. Intrigué, je me suis approché, il s’avère qu’ils étaient en train de s’approprier la langue des signes pour mieux accueillir tous ceux qui ne peuvent communiquer autrement. »

18207864-2246105318207864-22461053

Solidays se veut paritaire comme le rappelle Valérie Pécresse, Présidente du Conseil Général d’île-de-France, avec notamment la présence d’une association luttant contre les violences faites au femmes, au Village des Associations. Une grande première dans cette édition, avec l’affichage d’une nouvelle campagne destinée à un public de jeunes adolescent(e)s : « Tu m’aimes, tu me respectes. » La jeunesse est mise à l’honneur dans son combat, et sa participation, souligne Luc Barruet, saluant l’enthousiasme des bénévoles, à qui l’ont doit sa fidélité sans failles.

La success story de cette belle aventure humaine repose sur l’accessibilité de l’événement, un combat quotidien pour son créateur, avec des pass trois jours allant de 39€ à 99€, et une programmation  qui se veut très hétéroclite : de Brain Damage, à DJ Snake, en passant par Eddy de Pretto, Jain, Møme, et Nekfeu sont les têtes d’affiche du vendredi 22 juin, Samedi les scènes de Solidays verront défiler les talentueux artistes Amadou & Mariam, Bigflo & Oli, Chinese Man, David Guetta ou encore Feu ! Chatterton, No money Kids et Shaka Ponk en fermeture. Dimanche est un jour placé sous un signe mélodieux avec Arat Kilo, Clara Luciani, IAM, Juliette Armanet, Two Doors Cinema Club ou encore le groupe anglais The Kills. « 

« Solidays est en somme un festival de Bisounours, bienveillant et productif. » dixit Luc Barruet. 

Au-delà d’un rassemblement volontaire de la jeunesse, le festival a ses héros comme Janet Maury, une petite dame âgée de 81 ans, présente lors de la conférence, les cheveux argentés taillés au carré, le parler franc. Véritable trésor du festival, cette dernière n’a jamais manqué une édition, et est engagée depuis maintenant quarante-huit ans dans la cause des inégalités sociales, pour les jeunes défavorisés de la ville de Conflans Sainte-Honorine. Très active au sein du Social Club, sa vie est faite de rencontres et d’apprentissage, puisant dans l’énergie de la jeunesse un nouvel espoir, qualifié de « terroir de rencontres. » Des figures inspirantes, speakers et bénévoles aux histoires bouleversantes dont Martin Dust, Rania Mustafa Ali réfugiée syrienne et Kangni Paulin, militant actif au Togo pour la prévention du Sida. Fasciné par l’ampleur engagée de Solidays, il revint en France pour s’associer au bénévolat, figure consciente et consciencieuse qui démonte les installations . Tous ces anonymes d’un jour, deviennent les héros de toujours, réunis pour prévenir des dangers du Sida, encore largement sous-estimé des jeunes, l’alcool très complice de ce virus, qui cause encore  6 000 contaminations chaque année. Des campagnes de préventions auront également lieu sur place, agrémentées de test de séropositivité : prévention et santé sont les mots d’ordre de ces joyeuses festivités. Valérie Pécresse glisse d’ailleurs : « La sérophobie est encore sous-estimée, et pourtant elle est ancrée dans notre société. On apprend tous les jours à respecter les franciliens ».

img_3797-1

Un dernier mot du Président d’honneur du festival et  directeur de l’association Solidarité Sida, Antoine de Caunes : « À chaque fois que j’en ressors, je me sens galvanisé. L’âme du festival est là. »

La jeunesse ne s’est jamais aussi bien portée, main tendue à ses aïeux admiratifs pour un chemin plein de tolérance.

Crédit images conférence : Agnès Polloni.

Crédit image campagne violence faites aux femmes : google images.

Infos pratiques

Théâtre du Casino – Enghien les Bains
Festival Voix de la Méditerranée
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *