[Poche] « L’amour et les forêts », du bovarysme 2.0 par Eric Reinhardt

16 janvier 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Eric Reinhardt a été acclamé et primé en 2014 (notamment pas des lycéens et étudiants) pour L’amour et les forêts. Ce roman touffu, comme d’habitude psychologique et fin, est désormais disponible en poche, pour tous les fans du styliste.
Note de la rédaction :

Bénédicte Ombredanne est une lectrice de l’auteur qui devient une amie en en faisant son confident puis le sujet de son nouveau livre en dévoilant l’enfermement sordide qu’est son couple et la manière fière et élégante dont elle essaie de continuer à réaffirmer sa pulsion de vie à 36 ans et 2 enfants. Prof et agrégée de lettres, spécialiste de Villiers de L’Île Adam, provinciale de Metz, cette Bovary moderne et de l’est, a, elle aussi le courage de ne pas renoncer à ses idéaux et à ses pulsions. Pour ce faire, face à un mari castrateur et des mômes hystériques, elle n’hésite pas à avoir recours à Meetic pour rencontrer l’amant d’un jour qui fera à nouveau vibrer son corps et son cœur. Puis femme de devoir, elle reviendra payer le prix qu’il faut. Elle raconte tout à Eric. Ou presque tout…

Elégamment structuré, dans un style très classique mais tirant vers le suranné, d’où le morceau de bravoure de « chat » à plusieurs interlocuteurs sur le site de rencontre, le roman permet d’entrer très finement dans le portrait d’une femme lettrée et coincée par sa famille dans les années 2000. Et à lire Reinhardt, depuis Flaubert, les ressorts pervers de l’ennui, la soumission, l’enfermement ont peu changé. A côté de cette Bénédicte fougueuse et brimée, la liberté des héroïnes de Douglas Sirk est immense… Ombre habitant sa propre œuvre, le dandy Reinhardt est là oscillant entre la misogynie d’un Montherlant et la plus grande tendresse pour ce personnage féminin pris dans les crocs d’une vie très médiocre. Les considérations les plus prosaïques côtoient quelques envolées sublimes dont on ne sait pas jusqu’à la fin si elles sont ironiques ou généreuses à l’égard du personnage principal. Un roman qui donne l’impression de faire le lien entre 1857 et 2007.

Eric Reinhardt, L’amour et les forêts, Gallimard, Folio, Sortie en poche le 01/01/2016. 8.20 euros.
« Rien n’est pire que le dur des surfaces planes, que le tangible des surfaces dures, que l’obstacle des écrans qui se dressent, sauf si des films y sont projetés. Je préfère le profond, ce qui peut se pénétrer, ce en quoi il est envisageable de s’engloutir, de se dissimuler : l’amour et les forets ». p. 25

Visuel : couverture  et portrait de l’auteur


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