Les belles ambitieuses, flamboyante décadence par Stéphane Hoffmann

5 octobre 2018 Par
Yaël Hirsch
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Après Château Bougon, Stéphane Hoffmann reprend la plume pour une fresque à la fois nostalgique et caustique d’une jeunesse dorée en plein déclassement dans les années 1970. Un beau coucher de soleil. 

Années 1970, Versailles. Amblard Blamont-Chauvy vient d’une grande bourgeoisie en plein déclassement quand l’on passe de Pompidou à Giscard d’Estaing dans une France en pleine mutation. Choyé par sa famille, protégé par une marraine qui tient salon et ne prend que des ministres en exercice pour amants, il a réussi polytechnique et l’ENA et atteint l’âge fatidique de se marier. Sa marraine lui présente l’ambitieuse Isabelle Surgères, quand, en parallèle il rencontre une maîtresse venue de son milieu mais déclassée. Il l’appelle coquelicot, le sexe st bon, c’est sa muse et le meilleur Garde-fou de son désir de vie égoïste et sans aucun objectif plus grave que de profiter sans faire de mal …

Fresque sur les illusions et les désillusions d’une génération, ces belles ambitieuses frôlent bien la nostalgie – non pas des années 1970 ou se passe l’action – mais des années 1950 des Hussards et des débuts de Sagan. Avec un antihéros très placide et deux femmes puissantes, ce roman tout en finesse et qui joue de l’ellipse nous plonge aux cœurs de mutations sociales importantes à travers la jeunesse dorée et déjà désabusée d’une époque qui semble plus proche du 19e que du 21e siècle.

Stéphane Hoffmann, Les belles ambitieuses, Albin Michel, 264 p., sortie le 23 août 2018, 19,50 euros.

Visuel : couverture du livre