[Critique] « Good Luck Algeria », Retour aux sources sous le signe du sport, une comédie sympathique

25 février 2016 Par admin | 1 commentaire

Présenté dans la sélection « Europe » du festival du film d’Amour de Mons (Belgique), le dernier opus de Farid Bentoumi s’inspire de l’histoire vraie de son frère. Si le propos n’est pas sans rappeler « Rasta Rockett » inspiré lui aussi de faits réels, Farid Bentoumi prend le parti de superposer deux histoires avec talent.

Note de la rédaction :

Au fin fond d’une vallée qu’on devine savoyarde, les skis Duval sont un petit bijou du « made in France ». A la tête de l’entreprise, deux compères de longue date, Sam – Sami Bouajila – fils d’immigré algérien, et Stéphane – Franck Gastambide -, ex-champion de France de ski. A l’instar de nobles entreprises artisanales de qualité, les skis Duval traversent une mauvaise passe. Lâché par un partenaire charger de faire la promotion de la marque aux prochains Jeux Olympiques d’hiver, ils ont le couteau sous la gorge et les huissiers à la porte. La survie de l’entreprise est compromise.

Les deux acolytes ne sont pas à bout de ressources, « Monsieur le PDG » comme se plaît à l’appeler son père avec une fierté non-dissimulée, et « le sportif » vont alors se lancer l’incroyable défi de faire participer Sam en personne aux JO mais sous la bannière de l’Algérie afin de sauver l’entreprise. Mais ce démarrage résolument placé sous le signe de la comédie douce-amère va bientôt laisser place à une belle réalisation sur le retour aux sources de Sam.

Sami Bouajila, charismatique

Parachuté dans une famille qui compte 150 cousins, dans un pays dont il ne connaît pas la langue et où il découvrira que les terrains se doivent d’être cultivés coûte que coûte, Sami Bouajila délivre une interprétation touchante. Superbement secondé par Franck Gastambide, tantôt artifice de comédie, tantôt incarnation du fol espoir, et par Chiara Mastroianni, remarquable dans le rôle de l’épouse de Sam, il se révèle solaire dès les premiers instants du film. Celui qui avait incarné Omar dans « Omar m’a tuer » tient le film à lui seul et le sauve d’un scénario un peu convenu où Farid Bentoumi en rajoute un peu trop sur l’émotion à grands renforts de bande originale parfois un peu trop présente dans le registre du « sortez vos mouchoirs ». Néanmoins, dans son objectif de mêler divertissement et propos sérieux sur le retour aux sources, Farid Bentoumi relève bien le gant et délivre une sympathique comédie qui mérite de s’y arrêter.

Good Luck Algeria, de Farid Bentoumi avec Sami Bouajila, Franck Gastambide, Hélène Vincent, Chiara Mastroianni,   France, 2016,  90 min, Ad Vitam Distribution. Sortie le 30 mars 2016.

visuel : photo officielle du film.

Sylvain Lefevre


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