Cinema
César 2021 : honneur aux outsiders, sacre un peu exagéré pour Adieu les cons

César 2021 : honneur aux outsiders, sacre un peu exagéré pour Adieu les cons

13 mars 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

Si certains prix décernés à Adieu les cons peuvent sembler un peu trop grands pour lui, on se félicite des récompenses décrochées par Sami Bouajila, Rone ou les films Tout simplement noir et Mignonnes, à l’issue de cette Remise des César 2021.

Si on se réjouit qu’à l’issue de la Cérémonie des César 2021, Nicolas Marié reparte avec une statuette en tant que Meilleur Acteur dans un second rôle, pour son électrique prestation dans Adieu les cons, on pourra trouver que le film lui-même est un peu trop primé, au final, avec ses sept trophées. Son scénario peut apparaître bancal, et sa forme pas aussi jusqu’au-boutiste qu’espérée : ses Prix du Meilleur film, du Meilleur réalisateur pour Albert Dupontel et du Meilleur scénario original déçoivent un peu, en regard de ses concurrents dans les mêmes catégories. A l’inverse, il méritait le César de la Meilleure photo, pour le travail du chef opérateur sur les couleurs notamment et le César des lycéens, pour les multiples envies de cinéma qu’il porte en lui. Et cela se discute côté César des Meilleurs décors.

Acteurs et actrices justement primés, et Adolescentes distingué

En revanche, le sacre de l’immense Sami Bouajila, l’un des plus grands acteurs français actuels, magnifique dans le film outsider côté nominations Un fils, réjouit beaucoup, côté prix du Meilleur acteur. De même que celui d’Emilie Dequenne, Meilleure Actrice dans un second rôle pour le magnifique Les Choses qu’on dit les choses qu’on fait. Le choix de Laure Calamy comme Meilleure actrice pour Antoinette dans les Cévennes paraissait logique. Et l’on retient les très beaux et énergiques discours des interprètes distingués en tant que Meilleur espoir féminin et Meilleur espoir masculin, à savoir Fathia Youssouf pour Mignonnes et Jean-Pascal Zadi pour Tout simplement noir.

Si Stéphane Demoustier remporte le César du Meilleur scénario adapté pour La Fille au bracelet, on applaudit surtout Adolescentes, le documentaire ample de Sébastien Lifshitz, qui gagne le trophée du Meilleur Documentaire (remis par une Yolande Zauberman sobre et juste), ainsi que celui du Meilleur Son (remis à Yolande Decarsin, Jeanne Delplancq, Fanny Martin et Olivier Goisnard) et celui du Meilleur montage, remis à Tina Baz. La Bonne Epouse gagne les Meilleurs Costumes.

Nouveaux talents très prometteurs

Si le César du Meilleur film étranger déçoit, en couronnant le médiocre Drunk de Thomas Vinterberg et son scénario anémique, d’autres récompensent convainquent beaucoup plus : le César du Meilleur Premier film va à Deux, de Filippo Meneghetti, le Meilleur Film d’animation couronne le beau Josep d’Aurel, et surtout, le César de la Meilleure Musique distingue l’immense artiste electro Rone pour sa partition composée pour La Nuit venue.

Enfin, côté courts, le César du Meilleur Court-Métrage d’animation va à L’Heure de l’ours, d’Agnès Patron, tandis que celui du Meilleur Court-Métrage distingue Qu’importe si les bêtes meurent, très subtile balade au croisement des genres et des thèmes (dont vous pouvez retrouver notre critique ici). Un prix reçu sur scène par la réalisatrice Sofia Alaoui et la productrice Margaux Lorier, exhortant la jeunesse à lutter pour l’art, et à ne pas oublier ses racines, lors de leurs discours. Qu’importe si les bêtes meurent restant à voir, en accès libre, sur la plateforme de France TV jusqu’au 17 mars (en suivant ce lien : https://bit.ly/3t7eUqg).

Une cérémonie bien pensée

On retiendra, hélas, de cette 46e Cérémonie des César le zéro pointé côté prix d’Eté 85, film bancal mais attachant de François Ozon, avec un acteur qui aurait vraiment mérité un César de l’espoir, Benjamin Voisin. Quelles images restent en tête, sinon ? La classe du Président Roschdy Zem, la sympathique réunion des membres de la Troupe du Splendid, distinguée par un très juste hommage, le César d’honneur posthume à Jean-Pierre Bacri… Et puis, surtout, la brièveté des sketches comiques, bien assurés par la maîtresse de cérémonie Marina Foïs, et deux détails : l’utilisation de musiques de films connues pour l’entrée sur scène des remettants, ou des Prix tels que la Meilleure Photo ou le Meilleur Montage remis par des experts dans ces disciplines – Philippe Rousselot et Yann Dedet en l’occurrence – avec avant leur arrivée sur l’estrade, à chaque fois, un hommage à leur travail.  

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Visuel 1 : © Pierre-Lou Quillard

Visuel 2 : Adieu les cons © Jérôme Prébois – ADCB Films

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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