[Derniers jours ] « Your Body as a Torchlight », l’exposition collective de chair et de matières au 35 rue de Turbigo

29 janvier 2017 Par
Yaël
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Sous le commissariat de Séverine Assouline et Marty de Montereau, c’est sous le titre d’un vers sensuel de Leonard Cohen que Séverine Assouline, Arnaud Cohen, Dorah, Carine Klonowski, Mehdi Georges Lalou, Enzo Mianes, Miriam Poletti et Julien Salaud, exposent leurs installations charnelles, entre ombre et lumière, au 35, rue de Turbigo.  « Your body as torchlight » est un voyage dans le désir et ses représentations qui ne manque ni de technologie, ni de matières, ni d’humour. 

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C’est le ministre de la guerre, vert et « enceinte », André Maginot, papa de la fameuse ligne qui n’a jamais rien défendu, qui nous invite à entrer dans l’exposition « Your body is a torchlight ». La sculpture signée Arnaud Cohen, intrigue d’autant plus qu’elle est doublée dans l’autre vitrine d’un « petit marquis poudré » tout aussi vert, immortel crapaud. Au fond de la première salle très spacieuse, on trouve une autre oeuvre du plasticien et performeurs qu’on avait adoré en Pamela Anderson mélancolique dans Do Disturb au Palais de Tokyo l’an dernier (lire notre article) : iconoclaste, il brûle non pas les livres mais des volets du 18e siècle de maison de maître dans lesquels il fait clignoter le Néon « Rien ». (Hunting Season – 2016). Au mur à gauche un totem interactif de cheveux à toucher mi-sympa, mi-morbide et imaginé par Dorah nous plonge dans le vif du sujet : un intime monumental.

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Cet intime et ce monument qu’est le corps, ce mystère qu’est sa trace, cette violence tout ce qu’on attend de lui … Tout ceci résonne fort dans les œuvres de Séverine Assouline, qui met d’abord en scène un couple dans une gigantesque installation où un matelas pend comme une pièce de Bœuf de Rembrandt ou de Soutine et où deux corps sont figurés allongés de chaque côté par des mélanges de matières en fusion complétée ou contrariés ou qui blessent comme de la laine de verre. Plus loin, c’est le corps en masse qu’elle met en perspective avec deux œuvres qui font installation : un dinosaure éteint tient dans la bouche un smartphone qui projette un film de scènes de réunions de foules, des foules plutôt joyeuses, qui assistent à un concert ou à une manifestation, et qui font corps, même si l’ombre de la disparition  plane aussi sur eux. A l’étage, les sculptures de Séverine Assouline questionnent spécifiquement le corps féminin et ce qu’on attend de lui. En faisant fondre des bonbons et du chocolat, elle met en scène des corsets et des jambes tirées de leurs bas et du reste du corps face au miroir. La poupée de Bellmer se renverse encore, et sous le poupoupidou, on entend le cri de l’identité assignée et de la liberté qui se disloque.

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L’identité, c’est la lampe-torche de cet étage, où l’artiste italienne Miriam Poletti nous invite à jouer à la fois avec la touche espace, avec notre disparition et avec son propre corps et où Mehdi Georges Lalou renverse par ses sculptures les codes de l’Orientalisme.

On finit ce tour et détour autour du corps, éclairé à la lampe de l’intensité, par  trouver le repos de la matière avec l’art numérique de Carine Klonowski, avec le masque mortuaire de Julien Salaud et avec les installations de Enzo Mianes où des vrais ossements recouverts de matières nobles et industrielles fonctionnent comme la dernière interrogation possible sur la chair : le moment où elle ne vibre plus.

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Une exposition à voir d’urgence jusqu’à 9h30 le 30 janvier 2017, rue de Turbigo, et un collectif à suivre e/laboratory laboratory.

Toutes les informations sur la page facebook de l’évènement. 


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