[Londres] « Yesterday’s News »: Les Actualités oubliées refont la Une à Londres, via l’art

4 juin 2016 Par Melissa Chemam | 0 commentaires

A l’origine du projet, trois photographes résidant à Londres discutent et réfléchissent sur les récents travaux, tournant tous autour de grandes crises qui ont fait la une de « l’actualité ». Mais qui ne la font plus… La guerre de Bosnie, l’accident nucléaire de Tchernobyl, il y a 30 ans, et le tremblement de terre au Népal. Sophie Fauchier, Chris Gravett et Karen Block décident de réfléchir sur cette idée de l’actualité passé, « yesterday’s news », comme on dit dans les salles de rédaction.

Puis ils ont rencontré un lieu. Platform Southwark a ouvert il y a peu dans le sud de Londres, à deux pas de la Tamise, du dynamique centre culture de Southbank et de l’incontournable scène du Young Vic. Organisateur d’une festival de théâtre acclamé sur la santé mental fin mai, Stories of Being, Platform est un lieu multidimensionnel, tour à tour salle de concert, scène de spectacle vivant et lieu d’exposition, un de ces lieux revigorants et innovants dont la capitale britannique à le secret, au cœur d’un quartier en plein renouveau.

Le bâtiment de briques peintes en noir est orné d’un logo aux lettres blanches affichant son nom, auquel on accède par une cour accueillante. Ses trois étages permettent la création de spectacle et l’organisation d’ateliers, le but étant de permettre à des artistes de créer, collaborer et participer à la vie de la communauté.

L’exposition se présente comme une expérience immersive, mise en son et en mouvement par les designers de plateau Jojo Fauchier et Darcy Davies, ainsi que l’artiste et musicien Evan Lopez de Bergara.

Trois actualités oubliées, trois écritures photographiques

« C’est après avoir fini ma formation à la photographie d’art que je me suis tournée vers Karen et Chris », raconte Sophie Fauchier, une Française installée à Londres depuis près de 25 ans. Elle leur a proposé le lieu et le thème de l’exposition. « Karen est passionné par l’histoire de Tchernobyl et Chris est photographe documentaire. Il a souvent travaillé au Népal et en avait gardé de merveilleux souvenir avant la catastrophe ».

Sophie est une artiste photographe et travaille notamment sur des récits photographiques. Elle s’est rendu pour la première fois en Bosnie pour l’ONG ‘Miracles Centre for Prosthesis and Care’, basée à Mostar. « Je ne voulais pas être trop informée avant de m’y rendre », explique l’artiste, « j’avais lu des livres d’histoires, je connaissais l’actualité, mais je voulais la place à l’aspect humain en premier lieu ». Elle a suivi la prothésiste et fondatrice de l’association et a ainsi pu progressivement rencontrer les familles des blessés et survivants… En février dernier, elle est également partie sur les routes entre Mostar et les villages du centre de la Bosnie pour poursuivre son projet. Ses photos sont présentées par pair, dans un travail autant émotionnel qu’esthétique sur la mémoire des lieux.

Karen Block travaille en art et sur des documentaires sociaux. Elle a été formée à la
Royal Photographic Society et se rend en Biélorussie depuis 2015. Elle travaille aussi avec le CCP, le Chernobyl Children Project. Pour Yesterday’s News, elle a sélectionné trente photos, une pour chaque année depuis la catastrophe de Tchernobyl. Elle souhaite montrer les blessures cachées et les conséquences invisibles de l’accident et de la contamination nucléaire. Elle a choisi de montrer de nombreux lieux vidés de vie pour illustrer le passage du « nuage toxique ».

Chris Gravett est un photographe indépendant travaillant sur des sujets sociaux dans une démarche documentaire. En 2015, il est retourné au Népal suite au violent tremblement de terre, avec l’organisation Kidasha. Il a voulu montrer la capacité de résilience d’une société souffrant d’une dépression social et économique, miné par le travail des enfants, les trafics d’êtres humains, l’exploitation et une pauvreté chronique. Ses photos conjuguent portraits et paysages du Népal.

Le mercredi 8 juin, un panel d’experts discutera plus en profondeur de ces trois crises avec les trois photographes, ainsi que des conséquences du traitement ou de leur non traitement par les médias. Par eux : Tony Barber, rédacteur en chef pour l’Europe du Financial Times, correspondent à Moscou de l’agence de presse Reuters dans les années 80, et reporter de guerre pour The Independent durant la Guerre de Bosnie, et Jane Corbin, journaliste et réalisatrice pour la BBC et The Guardian entre autres.

Le samedi 11 juin à 16h, le poète Mario Petrucci, docteur en physique, donnera une lecture de son poème primé ‘Heavy Water, a Poem for Chernobyl’. Il sera ensuite rejoint par Linda Walker, la fondatrice du Chernobyl Children’s Project), pour une discussion sur les conséquences de cette catastrophe.

Informations Pratiques :

Yesterday’s News
Platform Southwark
1 Joan Street | London | SE1 8DD
Karen Block | Chernobyl – Sophie Fauchier | Bosnia – Chris Gravett | Nepal
Le site de Platform


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