A Pompidou Cy Twombly interroge l’acte pictural

30 novembre 2016 Par Camille Bardin | 0 commentaires

Du 30 novembre au 24 avril 2017, la Galerie 1 du Centre Pompidou accueille les oeuvres de l’américain Cy Twombly (1928-2011). Une retrospective inédite qui retrace les soixante années de carrière de l’artiste dans un parcours chronologique remarquable de complexité. 

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Jusqu’au 24 avril prochain, le Musée National d’Art Moderne de Paris propose de découvrir l’Oeuvre exceptionnelle de l’artiste américain Cy Twombly. Pour ce faire, Jonas Storsve le commissaire de cette exposition, propose un parcours chronologique autour de trois cycles majeurs. Le premier, Nine Discourses on Commodus réalisé en 1963, peu après l’assassinat de John Fidgerald Kennedy, exploite la violence contemporaine à Twombly pour suggérer les phases psychologiques du tyrannique empereur Commode. Bond dans le temps avec le second cycle qui date de 1978 et pour lequel l’artiste s’inspire de ses lectures antiques: Horace, Hérodote ou encore Homère lui impulsent Fifty Days at Iliam: une restitution de la brutalité de la guerre. Enfin dernière étape avec Coronation of Sesostris, peint en 2000, qui s’appuie sur le parcours céleste du dieu égyptien Râ allant de la pointe du jour à la fin de la nuit.
Le parcours chronologique de l’exposition illustre parfaitement les influences de Cy Twombly: au fil de ses voyages et diverses résidences, l’expressionniste abstrait s’est éloigné esthétiquement et géographiquement de l’Ecole de New York pour découvrir avec une curiosité débordante les territoires méditerranéens.

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Mais avec plus d’une centaine d’oeuvres, l’exposition présente également des aspects moins connus de Cy Twombly comme son exploration des médiums. Très vite l’artiste fait naitre par l’image des « poèmes succincts et discrets ». Passionné par les natures morts Cy Twombly impose finalement son identité photographique en découvrant le format carré du Polaroïd.
Contrairement à ces photographies, dispersées dans l’exposition, les sculptures de l’artiste ont été regroupées entre deux cycles. Ainsi, elles sont confrontées au panorama parisien qu’offrent les larges vitres du Centre Georges Pompidou. Dans cet espace grandiose trois socles de divers niveaux ont été conçus par l’architecte Jasmin Oezcebi pour valoriser les oeuvres de Cy Twombly. Comme dans l’ensemble de la première partie de l’exposition, l’artiste exclue la couleur et impose le blanc caractéristique du plâtre dont il recouvre ses assemblages.

« Son graphisme est poésie, reportage, geste furtif, défoulement sexuel, écriture automatique, affirmation de soi, et refus aussi… il n’y a ni syntaxe ni logique, mais un frémissement de l’être, un murmure qui va jusqu’au fond des choses ». Pierre Restany, 1961.

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Si l’exposition grisera les plus avisés elle nécessite pour les moins expérimentés un véritable encadrement. Cy Twombly fait parti du mouvement de l’Ecole de New York caractérisé en 1946 par Robert Coates dans la revue New Yorker: d' »Ecole de peinture des éclaboussures et du barbouillage, et que j’ai baptisé, plus poliment, expressionnisme abstrait ». Les oeuvres de Cy Twombly sont élégantes mais complexes et exigeantes. Couvertes d’écritures indéchiffrables elles sont le fruit de la gestuelle inédite de l’artiste qui n’hésite pas à casser le poignée, changer de main et se mettre en difficulté en se voilant des yeux. Cy Twombly, loin de la paresse intellectuelle remet  finalement en question l’acte pictural.

Visuel:

Blooming, 2001-2008 © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Fondazione Nicola Del Roscio.
Fifty Days at Iliam Shades of Achilles, Patroclus and Hector, 1978 © Courtesy of Philadelphia Museum of Art, Philadelphie
Lemons, Gaete, 1998 © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio


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