« Disparition soudaine », on va dire que ce sera ton nom d’Indienne

15 janvier 2018 Par
Antoine Couder
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On apprend que tu es soudainement morte à 46 ans, alors que tu étais à Londres pour une session d’enregistrement. J’ai l’impression que dans le silence du soir une pierre est tombée dans l’étang tout prêt, qu’un chien s’est mis à aboyer, de colère et de peur. Je ne veux pas t’écouter Dolores O’Riordan, parce que je t’aime, et parce que je t’entends. Je veux boire, je veux me saouler. « She was struggling with mental heath issues for sometime » m’écrit une amie irlandaise. Bipolarité, dégoût de soi, tentative de suicide. Quand je repense à Yeat’s grave et à mon voyage tardif à Dublin au grand cimetière où tous les génies irlandais sont rassemblés. C’était exactement comme je le pressentais et ce disque le second donc je l’ai écouté comme les presque 17 millions qui achetaient encore des CD. C’est vrai, après tout est parti en sucette mais au début vraiment, il n’y avait pas mieux que cette voix haute et toujours au niveau du peuple, au niveau de nous tous. J’étais tellement fleur bleue j’imaginais et même je faisais en sorte que les gros bras et les tristes sires se recueillent doucement et versent une larme en t’entendant chanter Dreaming my dream. C’est drôle parce que maintenant que j’y pense, je me dis que tu es exactement le contraire de Céline Dion, une vraie fée avec des vrais pouvoirs, avec suffisamment de voix pour savoir te taire là où c’est nécessaire, là où jusqu’à tout à l’heure ça respirait encore. J’espère que c’est allé vite, j’espère que tu t’es envolée.