Jeux

[Jeu de société] « Codenames » : mot à mot

[Jeu de société] « Codenames » : mot à mot

12 mars 2017 | PAR Mathias Daval

On connaissait l’ingénieux game designer tchèque Vlaada Chvátil pour ses best-sellers « Dungeon Lords », « Mage Knight » ou « Space Alert », le voici dans une catégorie party games avec « Codenames », un jeu d’associations d’idées qui conviendra aussi bien aux hardcore gamers qu’au grand public.

Le principe est simple : une grille de 5 mots par 5. L’équipe bleue et l’équipe rouge s’affrontent. Le « Maître Espion » de chaque équipe repère sur une carte « Clé » la sélection de 8 ou 9 mots qu’il va devoir faire deviner à ses petits camarades. Il n’aura le droit qu’à un seul mot à chaque tour, il devra donc optimiser en essayant de relier un maximum de mots par association d’idées (Par exemple, « blanc » pour faire deviner « neige » et « noir » et « papier »). En cas d’erreur, on risque de tomber sur un mot de l’équipe adverse, voire, dans le pire des cas, de tomber sur « l’Assassin », mot interdit sous peine de perdre immédiatement la partie ! Des variantes permettent de jouer à 2 ou 3 joueurs avec moins de fun mais une réelle jouabilité. A 3 joueurs, nous conseillons d’inverser le principe en désignant 2 espions pour 1 seul joueur représentant alternativement chacune des deux équipes.

codenames-eclate

« Codenames » fait partie d’une longue lignée de jeux de mots (« Taboo », « Unanimo », « Teamworks »…) qui créent une ambiance à la « Pyramides » avec un réel plaisir parfois jubilatoire à découvrir le cheminement de pensée de chacun (et à défendre le sien !). Les parties sont rapides et s’enchaînent sans problème. Deux points peuvent s’avérer un peu problématiques toutefois, selon les configurations et les joueurs. Tout d’abord, il faut faire très attention, surtout dans les premières parties où le réflexe n’est pas acquis, à bien observer les 25 mots ; il est facile, notamment pour l’Espion concentré sur les mots de son équipe, d’en perdre de vue et de donner du même coup un indice défaillant, ce qui est plutôt décevant pour tout le monde. D’autre part, il est assez courant pour l’Espion de se retrouver bloqué dans sa réflexion : il est parfois difficile de trouver un mot associé à plus d’un autre, et pas très drôle de se contenter d’un seul mot. Par ailleurs, la carte Assassin est à double tranchant : nécessaire d’un point de vue mécanique, créant une tension assez redoutable, elle peut également contribuer à créer une frustration totale si, sur une mauvaise intuition, une équipe tombe dessus en début de partie… Mais, au regard de la courte durée des parties et de l’ambiance générale, ces quelques réserves ne remettent pas en cause la qualité du gameplay.

Avec « Codenames Images », c’est à une variante sans mots mais tout en visuels que nous avons à faire. Il ne s’agit pas d’une extension mais d’un jeu indépendant, dont 90 % des règles sont identiques mais la sensation assez différente. Comme dans « Dixit », sa force est de puiser dans l’imaginaire visuel des joueurs, permis par la polysémie assez grande des illustrations en noir et blanc. Encore plus familial (jouable dès 8 ou 10 ans), on y a trouvé moins de challenge que dans le jeu d’origine, mais il en offre une alternative appréciable.

codenames-images-eclate

Côté édition, rien à redire comme souvent chez Iello, le matériel des deux jeux est agréable et pertinent. Avec 400 mots (200 cartes recto/verso) associés à 40 cartes « Clés », les combinaisons sont énormes et posent peu de problèmes de renouvellement. Une remarque toute fois concernant « Images » : celles-ci, contrairement aux mots, ne sont pas lisibles dans les deux sens, ce qui dans la grande majorité des cas ne pose aucun problème, mais peut parfois créer des malentendus (ou plutôt des malvus !).

Sans être incroyablement original, « Codenames » est suffisamment frais pour mériter sa place dans une ludothèque, et a le grand mérite d’être facilement sortable quelle que soit la configuration des joueurs. Et comme il faut quelques neurones actifs, on y voit plutôt un bon jeu d’apéro que de fin de soirée.

Codenames, Iello, mai 2016. 2-8 joueurs. A partir de 12 ans. Durée : ~15 min. 19,95 €
Codenames Images, Iello, février 2017. 2-8 joueurs. A partir de 10 ans. Durée : ~15 min. 19,95 €

Gagnez 10×1 place pour le film Zoologie
Und au Théâtre des Célestins porté par une Natalie Dessay au sommet
Mathias Daval
Né à Paris en 1977. Journaliste culture & nouveaux médias depuis 2001. Lauréat de la bourse du Centre National du Théâtre en 2014. Musicien, membre du groupe Dazie Mae. Cofondateur du journal I/O Gazette, éditeur pour The Theatre Times, et membre de la Fédération nationale des critiques de la presse, il vit actuellement entre Paris, Barcelone et d’autres dimensions de l’espace-temps plus difficilement accessibles.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *