Maud Le Pladec dans les fragments de la Symphonie inachevée de Schubert

MarsMar 28 2019 00:00 - AvrilAvr 03 2019 00:00 Europe/Paris

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La patronne du Centre Chorégraphique d'Orleans continue ses explorations en s'attaquant avec Twenty-seven perspectives à la Symphonie inachevée de Schubert jouée avec comme seul instrument le corps par 10 danseurs.

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Le plateau est très blanc flanqué d'un mur noir. C'est beau. La lumière qui vient inonder la scène est signée par Eric Soyer, le compagnon de route de Joel Pommerat. L'entrée en matière est juste. Les interprètes surgissent du public pour atteindre le tapis. On a la sensation de revivre le début de 10 000 gestes de Boris Charmatz. Normal quand on sait que Maud Le Pladec dansait dans cette pièce. 

De cette chorégraphe on aime les hanches qui dévissent et les enquêtes  synesthésiques. On ne s'est jamais remis de son Bad professor qui traduisait de façon très stone les notes de Fausto Romitelli. Le procédé ne l'a jamais lâchée. Pour Twenty-seven perspectives se fixe sur le chiffre 27 en référence à 27 esquisses perceptives à la tentative d'épuisement d'un tableau de Cézanne de Rémy Zaugg .

Pour épuiser la Symphonie inachevée n°8 de Schubert elle a demandé à Pete Harden d'en faire une inextricable bande son qui se traduit par une danse directionnelle où dans un geste très vintage, les interprète pointent le doigt vers le lieu qu'ils visent.   La danse vient traduire le son dans une dissonance où chacun est pour soi sans soucis de l'autre. Mais à chaque fois, un instant permet de rassembler les corps, à l'unisson. Cela peut être une ronde, une marche ou une diagonale. 

On regarde la musique, on  entend la danse. C'est ce que Maud le Pladec cherche à faire et réussit dans une suite de solos éblouissants qui s'opposent aux scènes de groupes bien trop propres et jolies. Dans le solo de Régis Badel le corps apparaît possédé par cette bande son aussi désaxée que ses épaules.  Le casting est assez fou aussi. Se mêlent au plateau les interprètes de, notamment, Liz Santoro (Jacquelyn Elder), Anne Teresa de Keersmaeker (Louis Nam Le Van Ho,) ou Boris Charmatz (Noé Pellencin). Et il faut saluer des qualité d'alignement et de flexibilité. 

Malgré une tessiture très ( trop ?) classique où les phrases semblent empruntées à Cunnigham et Forsythe, Twenty-seven vaut pour sa réflexion sur l'impact de la musique sur le regard. 

Avec Régis Badel, Amanda Barrio Charmelo, Olga Dukhovnaya, Jacquelyn Elder, Simon Feltz, Maria Ferreira Silva, Aki Iwamoto, Daan Jaartsveld, Louis Nam Le Van Ho, Noé Pellencin en alternance avec Matthieu Chayrigues, Audrey Merilus, Jeanne Stuart

A Chaillot jusqu'au 3 avril à 19H45, le samedi à 15

Visuel : ©Konstantin Lipatov

 

 

 

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