Danse

Maud Le Pladec dans les fragments de la Symphonie inachevée de Schubert

Maud Le Pladec dans les fragments de la Symphonie inachevée de Schubert

29 mars 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La patronne du Centre Chorégraphique d’Orleans continue ses explorations en s’attaquant avec Twenty-seven perspectives à la Symphonie inachevée de Schubert jouée avec comme seuls instruments les corps de 10 danseurs.

Le plateau est très blanc flanqué d’un mur noir. C’est beau. La lumière qui vient inonder la scène est signée par Eric Soyer, le compagnon de route de Joël Pommerat. L’entrée en matière est juste. Les interprètes surgissent du public pour atteindre le tapis. On a la sensation de revivre le début de 10 000 gestes de Boris Charmatz. Normal quand on sait que Maud Le Pladec danse dans cette pièce. 

De cette chorégraphe, on aime les hanches qui dévissent et les enquêtes  synesthésiques. On ne s’est jamais remis de son Bad professor qui traduisait de façon très stone les notes de Fausto Romitelli. Le procédé ne l’a jamais lâchée. Twenty-seven perspectives se fixe sur le chiffre 27 en référence à 27 esquisses perceptives à la tentative d’épuisement d’un tableau de Cézanne de Rémy Zaugg .

Pour épuiser la Symphonie inachevée n°8 de Schubert elle a demandé à Pete Harden d’en faire une inextricable bande son qui se traduit par une danse directionnelle où dans un geste très vintage, les interprètes pointent le doigt vers le lieu qu’ils visent.   

La danse vient traduire le son dans une dissonance où chacun est pour soi sans soucis de l’autre. Mais à chaque fois, un instant permet de rassembler les corps, à l’unisson. Cela peut être une ronde, une marche ou une diagonale. 

On regarde la musique, on  entend la danse. C’est ce que Maud le Pladec cherche à faire et réussit dans une suite de solos éblouissants qui s’opposent aux scènes de groupe bien trop propres et jolies. Dans le solo de Régis Badel, le corps apparaît possédé par cette bande son aussi désaxée que ses épaules.  Le casting est assez fou aussi. Se mêlent au plateau les interprètes de, notamment, Liz Santoro (Jacquelyn Elder), Anne Teresa de Keersmaeker (Louis Nam Le Van Ho,) ou Boris Charmatz (Noé Pellencin).

Et il faut saluer les qualités d’alignement et de flexibilité des artistes, malgré une tessiture très ( trop ?) classique où les phrases semblent empruntées à Cunnigham et Forsythe. Twenty-seven vaut pour sa réflexion sur l’impact de la musique sur le regard. 

Avec Régis Badel, Amanda Barrio Charmelo, Olga Dukhovnaya, Jacquelyn Elder, Simon Feltz, Maria Ferreira Silva, Aki Iwamoto, Daan Jaartsveld, Louis Nam Le Van Ho, Noé Pellencin en alternance avec Matthieu Chayrigues, Audrey Merilus, Jeanne Stuart

A Chaillot jusqu’au 3 avril à 19H45, le samedi à 15

Visuel : ©Konstantin Lipatov

 

 

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