Théâtre

Rapture d’après Marguerite Duras mis en scène par Noémie Ksicova au Theatre de Belleville

Rapture d’après Marguerite Duras mis en scène par Noémie Ksicova au Theatre de Belleville

01 mars 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

S’inspirant de l’histoire de Lol dans le Ravissement de Lol V Stein de Marguerite Duras,  Rapture parle des souvenirs et de nos fixations psychiques dans une jolie pièce magnifiquement rythmée. 

L’histoire commence par un bal. Dix ans après cette nuit du bal du casino municipal de T. Beach au cours duquel Lol V. Stein a profondément changé, nous la retrouvons. Entre temps elle s’est mariée, a eu des enfants; elle semble heureuse. Elle retrouve une amie d’enfance qu’elle avait oubliée, Tatiana, celle qui tout au long de la nuit du bal était restée auprès d’elle. Et resurgit alors ce qu’elle avait oublié. La question du souvenir est posée par l’oubli.

Huit chaises une table et Cécile commence à lire une histoire. Au fond du plateau du théâtre de Belleville qui paraît alors plus grand qu’il ne l’est, un rideau de fines chaînes métalliques tombe des cintres et derrière ce rideau trois chanteurs entrent pour une chanson sur l’amour. Commence notre voyage hypnotique vers le passé dans une ambiance travaillée par la vidéo, mais aussi par une bande-son entre suspense et érotisation. L’écriture scénique (Collectif INVIVO) est formidable. Le geste de Noémie Ksicova reprend la narration de Marguerite Duras dans une confrontation, mais aussi une émancipation.  Elle y intrique l’histoire d’un homme qui dans un hospice va mourir, son père. C’est une écriture enchâssée riche et grosse de dialogues entre les acteurs le public les personnages. Nous sommes dans la psyché de Cécile qui représente l’auteure sur scène. Dans cette psyché les deux histoires sont intriquées tandis que poreuses.

Le geste littéraire est magnifique de densité et la pièce parvient à figurer la folie, le trauma et surtout à mettre en corps un désir jusqu’au-boutiste de saisir les anciens moments balises d’une vie. La troupe est talentueuse. En particulier, Émilie Vaudou est épatante dans son étrange normalité.

Rapture :
Création Noëmie Ksicova avec Matthieu Marie, Cécile Péricone, Claire Sermonne, Cyril Texier, Emilie Vaudou.
Conception, écriture Noëmie Ksicova
Avec Mathieu Marie, Cécile Péricone, Cyril Texier, Claire Sermonne, Émilie Vaudou
Dispositif Scénique Collectif INVIVO :
Lumières / Vidéo Julien Dubuc, Mariam Rency
Création sonore Samuel Serandour
Scénographie Chloé Dumas
Dramaturgie Aurélien Patouillard
Régie Générale Carole Van Bellegem
Régie lumière Marinette Buchy
Régie son Flavien Tirole
Diffusion Julie R’Bibo

Crédit photo : Jérome Pierson

Infos pratiques

Institut Cervantes de Toulouse
La Fábrica Flamenca – Centro Flamenco de Toulouse
theatredebelleville

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *