Théâtre
Phénix Festival : « Le destin moyen d’un mec fabuleux », un Don Quichotte des temps modernes…

Phénix Festival : « Le destin moyen d’un mec fabuleux », un Don Quichotte des temps modernes…

29 septembre 2020 | PAR Magali Sautreuil

Avec tendresse, poésie et finesse, Laurent Madiot nous interpelle sur l’avenir de notre société, en nous livrant un conte musical et poétique tout public. Découvert en avant-première lors du Phénix Festival, Le destin moyen d’un mec fabuleux s’inscrit dans la ligne artistique de ce dernier en suscitant chez le spectateur émotion, émerveillement et questionnement.

Quel métier rêve-t-on d’exercer enfant ? Cosmonaute ? Vétérinaire ? Pompier ? Certainement, mais en aucun cas colleur d’affiches dans le métro ! La puanteur et la grisaille de ce dernier n’ont rien d’attrayant. Mais ses affiches, en revanche, possèdent un certain charme, susceptible de susciter quelques vocations.

C’est ce qui a séduit le petit Laurent. Son but, et la raison de sa présence ici : rendre le monde plus beau, une envie qui lui a justement pris dans la morosité et la saleté du métro, d’où la tenue de super-héros avec casque et cape en aluminium qu’il arbore au début du spectacle et son admiration inconditionnelle envers les colleurs d’affiches du métro !

Sa passion incongrue l’a amené à parcourir le monde et à changer peu à peu sa manière de le percevoir, ainsi que la façon dont les autres le voient. La vie, au final, quand on y pense, ne tient qu’à assez peu de choses. Un cadeau, une rencontre fortuite… suffisent à la chambouler.

Au fil des jours, de ses échecs, de ses amours et des personnes qu’il croise, Laurent se pose des questions sur notre société. Il prend petit à petit conscience que travailler d’arrache-pied pour gagner davantage ne saurait être une fin en soi, que le monde de la consommation qui jette les gens qui n’ont plus d’utilité à ses yeux n’est pas une panacée, que l’addiction aux écrans et aux réseaux sociaux nuit aux rapports humains et que, dans la vie comme au théâtre, il faut savoir se ménager des pauses pour ne pas louper de précieux moments.

C’est d’ailleurs ce qu’est ce spectacle : une pause dans nos quotidiens effrénés, une bouffée d’air revigorante, qui nous donne envie de rendre nous-aussi le monde plus beau.  

Comédien, chanteur et musicien poly-instrumentiste (guitare, tuba, synthétiseur…), Laurent ne manque pas de cordes à son arc, pour nous rallier avec succès à sa cause, même s’il marche sur des œufs. Une mystérieuse personne, qu’on ne voit jamais, sûrement sa productrice ou sa metteuse en scène, veille à ce qu’il ne dévie jamais de la trame de son histoire. Ses appels téléphoniques intempestifs nous rappellent la réalité du théâtre, de même que l’horloge numérique nous ramène au temps qui passe, impassible. Mais peu importe les embûches qu’il trouve sur sa route, que ce soit en tant que comédien ou comme personnage, rien ne saurait l’empêcher de rendre le monde plus beau, ni un scénario, ni la main du destin. Et puis, en cas de coup dur, il peut toujours trouver refuge dans sa cabine en plexiglass et contreplaqué, recouverte d’aluminium, qui lui sert à la fois de loge, de cocon et de fourre-tout…

Le destin moyen d’un mec fabuleux, livret, chansons et interprétation de Laurent Madiot, mise en scène et collaboration à l’écriture signées Aude Léger, seul-en-scène tout public à partir de 10 ans, présenté à Paris, au Studio Hébertot, dans le cadre du Phénix Festival, puis du 21 septembre au 10 novembre 2020, tous les lundis et mardis à 19h, dans le même théâtre. Durée : 1 h 05.

Retrouvez l’actualité du Studio Hébertot sur son site Internet (ici), sa page Facebook (ici), ses comptes Twitter (ici) et Instagram (ici).

Retrouvez l’actualité de Laurent Madiot sur son site Internet (ici) et sur sa page Facebook (ici).

 

 

 

 

Visuel : © Affiche de Philippe Dupouy et photos de Bernard Collet, Jean-Jacques Commien et Jean-Noël Cantelli.

Infos pratiques

Palais des Congrès d’Issy-les-Moulineaux
Théâtre El Duende
Magali Sautreuil
Formée à l'École du Louvre, j'éprouve un amour sans bornes pour le patrimoine culturel. Curieuse de nature et véritable "touche-à-tout", je suis une passionnée qui aimerait embrasser toutes les sphères de la connaissance et toutes les facettes de la Culture. Malgré mon hyperactivité, je n'aurais jamais assez d'une vie pour tout connaître, mais je souhaite néanmoins partager mes découvertes avec vous !

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