Théâtre
« Peer Gynt » : la quête de soi de Nicolas Candoni

« Peer Gynt » : la quête de soi de Nicolas Candoni

10 décembre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Monter Peer Gynt n’est pas une mince affaire.  Le texte d’Henrik Ibsen  est fleuve (4h30 dans la mise en scène de Pineau pour la Cour d’Honneur en 2004, plus encore chez Patrice Chéreau autrefois) et surtout il convoque une armée de personnages, autres trolls et monstres folkloriques norvégiens. C’est une version haletante, dépoussiérée et très bien mise en scène que présente Nicolas Candoni au Théâtre de Belleville pendant dix petits jours. Courrez !

[rating=5]

C’est l’histoire d’un môme (Nicolas Candoni, magnifique caméléon) qui rend le laid joli et  transforme le petit en grand. Il grandit avec sa maman dans un taudis, sans papa. Lui, il rêve de devenir « roi ». Il porte un tee-shirt de superman pour les super-pouvoirs et des baskets pour courir plus vite vers son avenir. Dans sa quête de soi qui lui prendra le temps d’une vie, il se cherche. Alors, il va croiser des mondes : celui des vieux amis lors d’un mariage catastrophe ou celui d’une secte. Il goûtera au sexe, et à l’amour. Il comprendra que la richesse ne dure pas.

La mise en scène est parfaite pour cette bande d’acteurs biberonnés aux écritures contemporaines de plateau, aux premiers Pommerat qui donnait la parole au micro, au travail des Chiens de Navarre sur les scènes de groupe assis en cercle et à la musique électro et la rage écorchée ici adoucie d’un Macaigne. Le plateau est tout un monde obligeant l’excellente troupe (Nicolas Candoni, Clovis Guerrin en alternance avec Charles Leplomb, Catherine Hirsch, Isabelle Lesage, Harald Marlot, Félix Martinez, Mathilde Ortscheidt, Coralie Russier, Laurette Tessier) à changer de costumes passant de post-ados un soir de fête à des putes ou des magnats de la finance. L’adaptation est parfaite car elle permet d’actualiser le propos dans le respect total de l’esprit de l’œuvre. Ce Peer Gynt est absolument Peer Gynt et ses questionnements de 1876 se transposent parfaitement fin 2015. « Je veux partir, aller plus haut, chercher et trouver seul » dit le garçon. Sa quête impose l’errance, le détour, la perte, elle reste profondément actuelle..

On assiste à un très bon conte initiatique devant lequel on ne s’ennuie jamais tant on est pris par le rythme fou de la mise en scène. L’engagement au plateau est total, les idées les plus folles sont mises en œuvre et l’occasion est rêvée de bosser son Madisson. Que demander de plus ?

Visuel : DR

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