Théâtre
On recycle les Fables de la Fontaine !

On recycle les Fables de la Fontaine !

06 mai 2013 | PAR Marie Boëda

La compagnie de Théâtre Tabola Rassa nous invite à redécouvrir l’œuvre magistrale de la Fontaine. Les deux comédiens Jean-Baptiste Fontanarosa et Olivier Benoit utilisent les fables de la Fontaine pour dénoncer tout en divertissant les excès de la société de consommation. Au Théâtre de Belleville jusqu’au 9 juin.

Spectacle pour enfants sur beaucoup de points, la mise en scène très simple mais non dénuée d’imagination nous emporte dans une nostalgie à travers les inoubliables fables de la Fontaine. Supportant admirablement le poids des siècles, les vers des principales fables sont incarnés par deux acteurs assumant leur rôle d’amuser la galerie. L’utilisation du support pédagogique et ludique des fables de la Fontaine, accessible à tous, permet de faire passer des messages actuels. Début en fanfare sur une musique de big band des années 30, c’est un défilé mimant les principaux animaux abordés qui nous ouvre les portes d’un univers dans lequel il est reconnu que les animaux ont « une âme, à la manière des enfants » comme le préconisait La Fontaine. On commence avec Le loup et l’agneau, l’agneau se désaltère non pas dans une « onde pure » mais à l’aide d’une bouteille d’eau de 2 litres en plastique. S’ensuivent « Le Loup et le Chien », « les Souris et le Chat-huant », « le Lièvre et les Grenouilles », des vers harmonieux qui demandent une diction parfaite à l’intonation sarcastique « Il n’est, je le vois bien, si poltron sur la terre, Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi ».

De manière prévisible, le spectacle se termine par l’aboutissement de la violence qu’exercent les humains sur la nature.  Dans l’Homme et la Couleuvre, les animaux appelés à témoin sur la bienveillance de l’homme sont représentés par des produits industriels, la vache devient un pack de lait, le bœuf, un carton de hamburger… « le symbole de l’ingrat, ce n’est point le serpent, c’est l’homme ». Un ouragan vient abattre toute trace de vie humaine. Un sujet régulièrement abordé qui est traité cette fois-ci d’une manière simple mais frappante, faisant sourire les plus grands et s’esclaffer les plus petits. Une simplicité qu’on retrouve dans la mise en scène comme cet échange entre le loup et le chien illustré grâce à un seul outil, un journal déplié placé à la lumière, permettant de  faire jouer des ombres chinoises. Quelques cartons font l’affaire pour incarner une fontaine, un arbre, un gîte, une basse-cour… et évoquer le gâchis prégnant de nos sociétés, toujours encombrées de déchets. Cette association des fables avec la dénonciation des excès de la société de consommation actuelle pourrait déranger les puristes mais il faut reconnaître le tour de force des comédiens, rien n’est enlevé à la pertinence des messages de la Fontaine.

La véritable nature de Jean de la Fontaine n’était peut-être pas marquée par un caractère moraliste, encore moins écologiste, mais ses vers rythmés et efficaces, d’une beauté sans faille représentent et continueront à représenter une source intarissable pour la création. Surtout n’oubliez pas d’amener les enfants !

Visuels © : donnés par le théâtre.

 

Infos pratiques

Institut Cervantes de Toulouse
La Fábrica Flamenca – Centro Flamenco de Toulouse
theatredebelleville

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