Théâtre
« Next day » : des enfants qui jouent bien, mais ne s’amusent pas assez

« Next day » : des enfants qui jouent bien, mais ne s’amusent pas assez

08 décembre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Treize enfants originaires de Gand réunis sur scène nous content, en une heure, une journée dans une école pour apprentis super-héros. Derrière ce micro-récit, on trouve quelques interrogations sur cette génération, et les missions qu’elle aura à accomplir. L’aspect jeu donne à ce spectacle du charme. Mais l’émotion est peu présente, et le propos pas assez développé.

[rating=3]

Ils sont treize, et parlent tous flamands. Aucun n’a plus de douze ans. Au long de cette création de Philippe Quesne, ils vont savoir retenir notre attention. En jouant tous, et très bien, d’un instrument. En mimant. En discourant un peu sur leur futur. En nous attaquant. Et en faisant des crêpes. Ils nous amusent, et nous étonnent par leur présence énergique. Leurs petits jeux prennent de plus en plus d’importance.

Après, nous touchent-ils ? et d’abord, quel est leur propos ? « S’engager dans le monde », nous dit Philippe Quesne. On devine son envie : mettre dans les mains de ces très jeunes des thématiques contemporaines, comme la publicité ou les guerres, et voir ce qu’il advient d’elles. Au final, le spectacle reste de bonne tenue. Mais curieusement, il manque de jeu. On voit le groupe se saisir d’un thème. Et pas plus. Comme si chacun se mettait à son poste, et n’en bougeait plus. Ainsi, lors de la scène du tournage, seule la gamine qui vend son bidon de lessive nous fera rire. Car elle essaye des choses. Des expressions, des mines. Et fait (inconsciemment ?) évoluer la situation. Tandis que les autres se contentent d’agiter leurs objets.

Les scènes montent, mais n’atteignent pas à de vrais récits. On en reste au niveau de la performance pure. Avec un tel spectacle, il faut forcément s’attendre à de l’aléatoire, les enfants ne « jouant » pas deux soirs de suite pareil… Mais la plupart du temps, on demeure trop extérieurs. On retient l’entêtante fumée qui vient envahir le plateau à la fin de chaque scène. Comme pour rappeler que tout cela n’est qu’un jeu, qui ne sauvera rien, et ne fera pas oublier la gravité du sort du monde… C’est vrai que la toile, tendue au fond de la scène, représente deux immeubles peu reluisants… On regrette que ce vertige ne se déploie pas plus. Un compère, critique également, pointera du doigt un fait pertinent : et si Philippe Quesne, désormais directeur du Théâtre des Amandiers, avait recréé son spectacle avec des enfants de Nanterre ? La résonance aurait sans doute été plus forte…

Next day, un spectacle de Philippe Quesne. Durée : entre 1h et 1h10.

Visuel : Next day – Philippe Quesne / CAMPO © Martin Argyroglo

Infos pratiques

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