Théâtre
Mélodrame(s), Romane Bohringer époustouflante dans la troupe de Gabor Rassov

Mélodrame(s), Romane Bohringer époustouflante dans la troupe de Gabor Rassov

20 octobre 2013 | PAR Olivia Leboyer

Voici un théâtre de troupe, plein de vitalité, inventif et fou : au fil de trois courts mélodrames hilarants, Romane Bohringer rayonne ! Spectacle vivement conseillé.

[rating=4]

Gabor Rassov (Fantômas revient en 2005, L’Enfer en 2008) a un grain de folie. Son théâtre évite tout esprit de sérieux, piochant joyeusement dans les genres, ou les pièces classiques, pour les détourner, les vivifier. Ce Mélodrame(s), introduit par un Warren Zavatta azimuté et enthousiaste en diable, nous offre généreusement trois grands mélodrames, pleins de bruit, de fureur, de larmes et de passion : un programme alléchant, pantagruélique, et parfaitement respecté ! En trois petites pièces, les cinq comédiens de la troupe exécutent une partition tout en précision et en outrances désopilantes. Il s’agit bien de reprendre les vieux codes du genre, pour les pousser joyeusement jusqu’à l’absurde. Entre un Grand Prix de Formule 1 explosif et solidement sponsorisé, un kabuki japonisant très tordu, délicieusement kitsch, et une Rédemption d’Oncle Bill américaine à souhait, le Mélodrame annoncé (juste entre Hamlet et Boeing Boeing !) ne recule devant aucune ficelle. En vieux grabataire libidineux ou en Homme éléphant d’Asie ricanant, Thierry Gimenez est excellent. Matthieu Rozé louvoie élégamment entre les deux sexes, tandis que Bruno Salomone (Igor d’Hossegore, Fais pas ci, Fais pas ça, La Clinique de l’Amour d’Artus de Penguern) est, comme toujours, naturellement drôle. Dans tout bon mélodrame, il faut chercher la femme : fatale, ultra-sexy en bimbo cambrée, en douce Fleur de Printemps éplorée, ou en junkie désaxée, Romane Bohringer (que l’on a récemment adorée au cinéma dans Vic + Flo ont vu un ours de Denis Côté) est absolument fabuleuse.

Un pur divertissement, qui mêle références littéraires, télévisuelles, humour absurde, danse et bonne humeur.

Mélodrame(s), de Gabor Rassov, mise en scène Pierre Pradinas, 1h30, avec Romane Bohringer, Thierry Gimenez, Matthieu Rozé, Bruno Salomone, Warren Zavatta.

Informations pratiques: Théâtre de la Pépinière
Du mardi au samedi 21h et samedi 16h, à partir du 17 septembre
Relâche les 8 octobre et 7 décembre
Réservations au 01 42 61 44 16

Visuels: Mirco Magliocca

Infos pratiques

Ciné – Théâtre 13
Théâtre de la Madeleine
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