Théâtre
Maris et Femmes au Théâtre de Paris

Maris et Femmes au Théâtre de Paris

10 octobre 2016 | PAR Jean-Christophe Mary
 

Reprise de cette adaptation fidèle du film a de Woody Allen avec une brochette d’interprètes que l’on prend plaisir à voir sur scène entre rire et émotion.

Alors qu’ils s’apprêtent à diner au restaurant avec leurs amis Gab (José Paul) et Judy (Hélène Médigue), Jack (Marc Fayet) et Sally (Florence Pernel) annoncent leur séparation. Durant 1h30, on voit là sous nos yeux, deux couples de l’intelligentsia New Yorkaise se remettre en question dans un enchainement de scènes cocasses où tout devient savoureusement extravagant.

Certains y verront une nouvelle variation sur la crise du couple, un thème mille fois vu et revu. Les autres et savoureront cette chronique vive et très drôle sur les relations conjugale où les évènements s’enchainent et tout devient extravagant. L’histoire nous plonge dans le New York des années 1990. Dès le lever de rideau, on apprécie la sobriété, le minimalisme du décors, l’ambiance de ce Manhattan et de son jeu de lumière. Sans chercher à imiter les interprétations de Mia Farrow, Sydney Pollack, Woody Allen ou Judy Davis, le jeu des comédiens est humble, respectueux de l’œuvre originale. Dans cette distribution épatante, on se délecte du jeu de Florence Pernel en irrésistible Sally qui installe une certaine rythmique dans le ton, le regard et les gestes. José Paul a lui le timbre juste, la gestuelle précise une certaine lenteur dans les répliques, certains silences entre les enchainements.
On savoure bien sûr les dialogues irrésistibles de Woody Allen, tout particulièrement ceux de Sally quand elle justifie sa séparation auprès de son amie Judy : « J’en ai parlé à mon psy, il est d’accord », quand elle fait un aveu à son amant Michael (Emmanuel Patron ) : « je n’ai pas fait l’amour depuis si longtemps que je suis capable de m’évanouir à la vue d’un homme nu ». On craque aussi pour ces répliques grinçantes et jubilatoires: « Comment pouvez vous manger des escargots, il paraît que l’on devient ce que l’on mange ». Il y a ces passages très drôles, notamment celui où Judy parle vite tout se remaquillant fiévreusement pour cacher ses émotions. La scène de la fête d’Halloween où Sam (Astrid Roos) vante l’astrologie et la cuisine Ayurvédique en gonflant tout le monde où celle de Jack- complètement ivre- tente de reconquérir Sally, sont elles particulièrement réussies. Quand Judy s’interroge sur son propre couple, sur le refus de Gabriel de lui faire un enfant, quand Jack cherche à retrouver une nouvelle jeunesse avec Sam une prof d’aérobic, que Michaël (Emmanuel Patron) tente de séduire Sally ou que Gab tombe amoureux de l’une de ses étudiantes, Rain (Alka Balbir), on se projette dans le doute de chaque personnage, on vibre et on rit. Côté mise en scène, tout l’art de Stéphane Hillel consiste à donner du tempo, du relief et de la fluidité à ces frasques de la vie conjugale. Ca fonctionne et ça fait rire à tout les coups.

Jean Christophe Mary  

Une comédie Woody Allen adaptée par Christian Siméon

Mise en scène : Stéphane Hillel

Comédiens : Florence Pernel, José Paul, Hélène Médigue, Marc Fayet, Astrid Roos, Emmanuel Patron, Alka Balbir

Théâtre de Paris Salle Réjane. 15 Rue Blanche, 75009 Paris. Tél : 01 48 74 25 37. Du mardi au samedi à 21h. Matinée samedi : 17h. Matinée dimanche: 15h.  

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