Théâtre

Les fourberies de Scapin version urbaine et déjantée au Théâtre 13

Les fourberies de Scapin version urbaine et déjantée au Théâtre 13

19 mars 2019 | PAR David Rofé-Sarfati

Tigran Mekhitarian s’empare d’une des plus célèbres comédies de Molière pour s’essayer à un mise en scène musicale et ultra moderne. Le résultat est un joyeux spectacle qui sait restituer la subversion initiale du texte.

Tigran Mekhitarian est un immense acteur. Il fut Sganarelle dans le Dom Juan mis en scène par Anne Coutureau. Il fut prix d’interprétation des planches de l’Icart en 2018. Pour sa première mise en scène il attrape le texte des Fourberies de Scapin, un texte solide mais connu pour être rebelle à la scenographie à cause de ses ruptures, de ses complexités voire de ses incohérences.

Le propos est actuel. Un jeune voyou habitué à vivre avec sa solitude mettra sa liberté et son intégrité physique en jeu pour l’amour de l’humanité. Sera-t-il récompensé  d’aider une jeunesse appartenant à une classe sociale au-dessus de la sienne dans l’espoir d’y accéder. L’adaptation de Mekhitarian colle par la forme à la jeunesse d’aujourd’hui. Le texte original a été conservé cependant que des liens nouveaux entre certains personnages ont été tissés, que des créations musicales et instrumentales originales ont été utilisées et que parfois du texte est ajouté dans la langue vernaculaire des banlieues.  Ce Scapin s’enfonce dans une France peu connue sauf par les faits divers. L’ensemble est un show magnifique.

Les acteurs nous communiquent leur plaisir de jouer et leur gourmandise pour l’inconduite et les excès. 

Le Rap a manifestement dévoré le mental de ces banlieues dites difficiles. Ce softpower y a conquis la sphère musicale comme  la mode,  la gestuelle, et la pensée de toute cette génération, écartant souvent tout autre forme d’expression artistique, genre musical ou création dans le domaine de la mode. Ces fourberies de Scapin  revisitées façon Rap & Ghetto urbain par cette jeune troupe recolle les morceaux. La pièce est un cadeau fait à cette génération. Le grand écart entre Molière et autres figures tendances du Rap est plus que réussi !

Envoyez vos jeunes de 13 à 25 ans au Theatre 13 Seine y découvrir la langue de Molière.   

 

 

 

Les Fourberies de Scapin, texte Molière, mise en scène Tigran Mekhitarian

Avec Isabelle Andrzejewski (Nérine), Théo Askolovitch ou Axel Giudicelli ou Damien Sobieraff (Carle), Sébastien Gorski ou Tigran Mekhitarian (Scapin), Charlotte Levy ou Pauline Huriet (Zerbinette), Tigran Mekhitarian ou Théo Askolovitch (Léandre), Louka Meliava (Sylvestre), Théo Navarro-Mussy (Géronte), Etienne Paliniewicz (Argante), Blanche Sottou (Hyacinthe) et Samuel Yagoubi (Octave)

Musiques originales : Sébastien Gorski, scénographie et lumières :Tigran Mekhitarian

Crédit Photos  (c) David Law

Infos pratiques

Zénith de Paris
Centre Pierre Cardinal (festival Les Musicales)
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

One thought on “Les fourberies de Scapin version urbaine et déjantée au Théâtre 13”

Commentaire(s)

  • Fatma

    Très bien fait !!! Beaucoup aimè

    avril 14, 2019 at 11 h 25 min

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