Théâtre

Les Enfants du paradis : le Lucernaire rend hommage à Jacques Prévert

Les Enfants du paradis : le Lucernaire rend hommage à Jacques Prévert

28 février 2014 | PAR La Rédaction

Mise à jour du 16 juillet 2014 : Reprise au Théâtre des Carmes du 5 au 27 juillet à 20H00

C’est dans une toute petite salle du Lucernaire, le « Théâtre Noir », que se joue actuellement une adaptation théâtrale du scénario de Jacques Prévert, Les Enfants du paradis.

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Du long film de Marcel Carné, sorti en 1945, le metteur en scène et directeur du Lucernaire Philippe Person nous livre une esquisse, une ébauche qui assume sa part d’incomplétude et de légèreté. C’est en effet davantage à un hommage au film et au scénario qu’à une réinterprétation que nous sommes conviés : le travail de découpe, de montage et d’ellipses effectué par Philippe Person ne saurait être pleinement apprécié sans une certaine connaissance de l’œuvre de départ. Il ne s’agit jamais de réécrire, de réadapter, ou de réinterpréter ; mais bien plutôt d’évoquer, de parodier gentiment le beau film de nos aïeux.

Dans une ambiance rock et moderne, quatre acteurs se partagent tous les rôles. Un accessoire, un geste, une tonalité suffisent aux comédiens pour incarner tantôt Baptiste, tantôt Lacenaire (interprétés par Yannis Bougeard) ; Nathalie, le régisseur et le directeur du théâtre des Funambules ou encore le comte Édouard de Montray (interprétés par Sylvie Van Cleven). Seule Florence Le Corre-Person reste fidèle tout au long de la pièce à son unique rôle, Garance ; comme pour mettre en valeur, par le tournoiement d’acteurs changeants autour d’elle, le pouvoir d’attraction de l’héroïne, lumineuse dans l’affirmation renouvelée de sa liberté.

Pascal Thoreau (en alternance avec Philippe Person) incarne Frédérick Lemaître, acteur réjouissant dont la bonne humeur gagne instantanément la salle. Il représente également un narrateur, servant à la distanciation, là pour nous rappeler toujours qu’il s’agit d’un hommage, d’une évocation de l’univers de Jacques Prévert, loin de toute prétention. Dans la conscience de l’impossibilité d’égaler le chef d’œuvre d’origine, Philippe Person, par son travail d’esquisse, nous insuffle en 1h10 l’envie de revoir le film de 3h, de relire le scénario, de se replonger enfin dans l’univers du poète. Et l’on l’en remercie.

Justine Granjard

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