Théâtre
« L’école des femmes » de Molière par Antony Magnier

« L’école des femmes » de Molière par Antony Magnier

13 juin 2021 | PAR David Rofé-Sarfati

Pour sa 25e édition, le Mois Molière, mesures sanitaires obligent, a été imaginé autour d’un nombre beaucoup plus restreint de sites, tous en plein air, avec des jauges réduites.  

Depuis plus de 20 ans, le Mois Molière, voulu par le maire François de Mazières et animé par une armée de bénévoles dirigée par la précieuse Madame Lefèvre, signe le lancement de la saison des festivals. Chaque année, du 1er au 30 juin, la manifestation voit affluer les comédiens à Versailles. Pour de nombreuses compagnies, elle représente un tour de chauffe avant le Off d’Avignon. Rappelons que le Mois Molière est une manifestation de grande dimension avec plus de 100 000 festivaliers, 10 compagnies professionnelles de théâtre en résidence à l’année, plus de 350 représentations (théâtre, musique, cirque, danse), dont 60 % en entrée libre, et plus  de 60 lieux investis dans les 8 quartiers de la ville (Grande É curie du château, Potager du Roi, Théâtre Montansier, ancien hôpital royal, galerie des Affaires étrangères de Louis XV, parcs, places et jardins…).  

Pendant un mois, les spectacles irriguent les quartiers. Toute la ville devient une grande scène. À côté des spectacles professionnels, le Mois Molière conjugue les jeunes talents, les amateurs et les troupes professionnelles. Cette année les queues ont disparu ; les places désormais numérotées sont réservables par internet. 

Le Mois Molière affectionne le grand répertoire dont Molière fait partie, mais aussi Shakespeare, Dostoïevski ou encore cette année un prometteur Gogol. Dans ce temps de crise où les troupes ont tellement rongé leurs freins, le maire amoureux de théâtre a privilégié les créations et quelques reprises dont les spectacles de l’an dernier, prématurément arrêtés. 

Au programme, entre autres, on retrouve la pièce qui rendit Molière célèbre : L’école des femmes dans une création mi foraine mi guignolesque  d’Antony Magnier. Ce dernier a réussi à restituer, plutôt que l’ambivalence profonde des personnages,  l’ambiance de la pièce dans le jus de sa création, c’est-à-dire avec les contraintes logistiques d’un Molière reprenant la route pour une tournée nationale. C’est l’histoire d’un songe, celui d’un homme qui cherche à contrôler ceux qui l’entourent. Molière y mène une profonde réflexion sur la condition féminine, mêlant des scènes d’une grande cruauté à d’anthologiques moments de comédie et de farce. C’est la sixième rencontre avec Molière d’Anthony Magnier qui possède ce talent de nous transporter dans le  burlesque. Les comédiens servent le trait comique sous un accueillant soleil de plomb ; le public sourit, rit et applaudit. 

Le festival propose aussi Le système Ribadier mis en scène par Gwenhaël de Gouvello, la  création de la  Folle de Chaillot  de Jean Giraudoux par Jean-Hervé Apperé et la création de Lawrence par Eric Bouvron. La dernière semaine nous fera découvrir la comédie burlesque et musicale Titanic.  

Nos recommandations vont en direction de “Badine !” mis en scène par Salomé Villiers d’après la pièce d’Alfred de Musset, , et du “roman de Monsieur Molière” de Boulgakov mis en scène par Ronan Rivière. Un festival au goût de la reprise, tel un avant-goût d’Avignon. 

visuel : affiche

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David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

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