Théâtre

Au Théâtre du Ranelagh,  Le Double de Dostoievski par Ronan Rivière est un fight club slave.

Au Théâtre du Ranelagh, Le Double de Dostoievski par Ronan Rivière est un fight club slave.

15 septembre 2019 | PAR David Rofé-Sarfati

Après avoir signé un très précieux et magnifique Revizor et Faust de Goethe, Ronan Rivière s’est emparé d’un texte peu connu de Dostoïevski pour nous emmener  dans l’univers slave. Le voyage est merveilleux.

Le Double est une œuvre de jeunesse  de Dostoïevski, elle est peu connue car fut boudée par la critique. Ronan Rivière s’est saisi de ce roman imposant et singulier pour  l’adapter pour le théâtre au prix d’un travail que l’on imagine immense. Dans sa proposition, il incarne le personnage principal, Jacob Pétrovitch Goliadkine. Goliadkine fonctionnaire rigoureux dans la grande ville de Saint Pétersbourg aperçoit alors qu’il se rend à son travail son double. Croyant d’abord à une  hallucination il va découvrir que cet alter ego vient d’être embauché dans le même service que lui et que pour son malheur cet autre aspire à prendre sa place.

Le décor imaginé est modulable et amovible. Il sert au geste par sa parlante neutralité, son morcellement qui figure la psyché du héros et par ses points de fuite qui figurent le hors champ. L’effet est édifiant car au sein de  ce décor se mélangent le privé et le public, l’intime et le collectif. Les ombres portées des personnages (lumières : Marc Augustin-Viguier) finissent de signer cette admirable écriture scénique; chacun serait il dans cet univers contraint et formaté, l’ombre de lui même. Ronan Rivière, au corps efflanqué et désarticulé semble traversé par le texte et par ses émotions mélange de grotesque et d’angoisse.  Michael Giorno-Cohen est spectaculaire en valet tandis que Laura Chetrit est parfaite en la belle Clara. Le reste de la troupe est à l’unisson.

Trempé dans l’univers slave, le spectateur est captivé par le récit fantastique. Le texte de Dostoievski est magnifié par ce geste. Il est conseillé de venir et revenir assister à cette magnifique lecture scénique de ce roman riche et pluriel. La musique au piano (joué sur le plateau par Olivier Mazal) capitonne l’ensemble en habillant le trouble, l’ambiguïté et la pente paranoïaque du héros. La pièce riche d’une déjà longue exploitation et d’un succès confirmé, s’installe au Théâtre du Ranelagh. C’est imanquable.

 

 

Le Double 

De : Fiodor Dostoïevski
Mise en scène : Ronan Rivière
Par : Collectif La Voix des Plumes – Compagnie en résidence à Versailles

 

Crédit Photos Ben Dumas

 

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