Théâtre
L’appropriation culturelle fait déprimer Jaha Koo au Festival d’Automne

L’appropriation culturelle fait déprimer Jaha Koo au Festival d’Automne

25 septembre 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Théâtre de la Bastille retrouve le plus occidental des performeurs coréens pour le dernier volet de sa trilogie : The history of korean western theatre. Jusqu’au 1er octobre, avec le Festival d’Automne.

La fin d’une trilogie

La dernière fois, en 2019, en pleine grève générale il nous parlait de l’état économique de la Corée. Nous rencontrions alors Cuckoo, son cuiseur de riz adoré qui est bien plus qu’un outil de cuisine. Cuckoo parle, s’exprime et dessine même des cœurs sur son écran, car oui, Cuckoo a un écran. Et Cuckoo est de retour ici ! Et c’est donc tout contents que nous retrouvons cet adorable robot.

Pour être plus clair, il faut expliquer un peu plus et un peu mieux qui est Jaha Koo. Le metteur en scène et comédien est né en Corée mais vit aujourd’hui en Europe. Depuis 2014, le compositeur de musique et performeur s’est attaqué à une trilogie de conférences-spectacles (pour résumer). Lolling and Rolling interrogeait le colonialisme. Cuckoo était la dénonciation d’ « une société sous pression ».

Trouble sur les origines

La belle question que pose The history of Korean western theatre est simplement : qu’est -ce que le théâtre coréen ? En 2008, Jaha Koo étudie le théâtre et participe aux 100 ans du théâtre coréen. Cela parait absurde, le théâtre est millénaire, pas centenaire ! Il réalise non seulement que tous les spectacles sont moulés à l’occidentale et que, pire encore, la Corée ne garde que les déchets de l’occident.

Dans ce faux seul en scène où Jaha Koo est tout de même le seul humain, le cadre de scène joue beaucoup. Cuckoo est accompagné d’un robot crapaud origami et tout se joue devant une immense toile vidéo.

Alors il avance dans sa non-conférence qui devient un témoignage très mélancolique et très personnel. L’acteur nous parle de sa grand mère qui perd la tête et de son bébé qui a déjà un passé. On entre dans sa vie.

L’histoire de la Corée le traverse totalement et il reste pantois devant un métissage des cultures qui est passé en force. Il racontait dans le premier volet comment une opération de la langue très en vogue permettait aux coréens d’avoir un bon accent anglais. Par exemple…

Et finalement, et c’est là que la performance opère, quand tout parle de lui, quand il convoque quelques esprits. Jaha Koo déborde le genre à la fois du théâtre documentaire et de la conférence-spectacle, il est plutôt une version homme orchestre du spectacle vivant.

Il écrit, compose, raconte, et au bout du compte, il ne fait ni du théâtre Corréen, ni du théâtre occidental, mais crée une signature.

Visuel © Choi Jangha

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