Théâtre

L’amour en toutes lettres : Anthropologie émouvante de la vie conjugale au Théâtre de Belleville.

L’amour en toutes lettres : Anthropologie émouvante de la vie conjugale au Théâtre de Belleville.

28 avril 2019 | PAR David Rofé-Sarfati

A partir de lettres confessions, dix huit comédiens proposent depuis 1997 une pièce minimaliste empilant les témoignages d’un temps dont il est urgent de se souvenir. La pièce L’amour en toutes lettres, questions sur la sexualité à l’abbé Viollet (1924-1943) profite d’une reprise édifiante au si précieux Théâtre de Belleville.

A l’occasion du vingtième anniversaire de la Compagnie des Hommes, Didier Ruiz présente son spectacle créé en 1998. Celui-ci est l’adaptation, avec la collaboration de Silvie Laguna, d’un ouvrage de l’historienne Martine Sevegrand intitulé « L’Amour en toutes lettres – Questions à l’abbé Viollet sur la sexualité (1924-1943) », un ensemble de lettres adressées par des catholiques pratiquants à ce dernier, fondateur de l’Association du mariage chrétien et considéré en son temps comme le spécialiste de cette question. Chaque lettre et la réponse de l’abbé  nourrissaient  la rubrique d’un courrier des lecteurs d’abonnés.

Lorsqu’en 1996 Didier Ruiz découvre le recueil de lettres de Martine Sevegrand,  il mobilise une équipe  de comédien. Chaque comédien s’approprie un témoignage. Pour toujours. Ainsi, la distribution reste inchangée depuis vingt ans . Chaque comédien va vieillir avec le texte. L’effet de ce doublement de l’origine, celle de la lettre elle même et celle de sa première représentation sur scène remplit d’épaisseur la confession épistolaire. L’émotion est comme multipliée par ce dispositif.

Accompagné par cette émotion soutenue par le talent de chaque acteur, nous découvrons une époque terrible de contraintes sur la sexualité,  de grossesses à péril, une période où parce que faire l’amour se savait dangereux, l’amour posait question autour de ce faire. L’église tentait maladroitement de répondre aux souffrances. Espoir et optimisme sourdent et on entend déjà dans ces lettres une parole libre, augure de la libération sexuelle à venir. Se réclamaient déjà, dans un rêve, l’avortement, la contraception et le mariage pour tous. L’église allait perdre son pouvoir sur les âmes et sur les corps; cependant nous sommes les héritiers de ces francais à la plume délicieuse et à la réflexion aiguisée. Les lettres écrites par ces paroissiens peu instruits sont merveilleuses de pureté, d’humanité et de clairvoyance. Le spectacle ne nous laisse pas indemne. Et longtemps après la représentation nous garderons en nous ces anonymes si proches de nous.

 

D’après L’Amour en toutes lettres – Questions à l’abbé Viollet sur la sexualité (1924-1943) de Martine Sevegrand (Editions Albin Michel)

Mise en scène Didier Ruiz

Adaptation Silvie Laguna et Didier Ruiz

Durée : 1H00

Avec le lundi Myriam Assouline, Brigitte Barilley, Xavier Béja, Nathalie Bitan (en avril), Laurent Claret (en mai), Marie-Do Fréval, Isabelle Fournier, Isabel Juanpera, Laurent Lévy, Marie-Hélène Peyresaubes, Thierry Vu Huu

Avec le mardi Nathalie Bitan, Patrice Bouret, Guy Delamarche, Emmanuelle Escourrou, Silvie Laguna, Emmanuel Landier, Morgane Lombard, Elvire Mellière, Christine Moreau, Thierry Vu Huu

 

Crédit Photos © Emilia Ste?fani-Law

 

Infos pratiques

Institut Cervantes de Toulouse
La Fábrica Flamenca – Centro Flamenco de Toulouse
theatredebelleville

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