Théâtre
« J’abandonne une partie de moi que j’adapte », la nouvelle vague déferle sur le festival Impatience et rafle le Prix du Public

« J’abandonne une partie de moi que j’adapte », la nouvelle vague déferle sur le festival Impatience et rafle le Prix du Public

13 décembre 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La jeune compagnie belge Group Nabla s’est vue offerte un accueil très chaleureux en clôture du festival dédié à la jeune création, Impatience. Désormais porté par le Centquatre, le T2g et Le jeune théâtre, l’événement s’est déroulé du 4 au 12 décembre. On espèrait, fortement que ce remix de Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin ne repartirait pas bredouille, et on a vu juste puisque qu’il remporte le prix du public!



Justine Lequette nous met dans la tête les flonflons de la fin des années 50. Sur le grand plateau tout recouvert de parquet, Léa Romagny patiente en se balançant sur un bout de bois suspendu aux cintres. Voix rétro et petite robe bleue, elle est la France d’avant.
La pièce met de façon fine et drôle en parallèle les années 60 et 2018. La quête du bonheur qui était le filigrane du film des deux sociologues vient éclairer nos questions sociales.

Rémi Faure, Benjamin Lichou et Jules Puibaraud sont les intervenants, les interviewés, les hommes politiques ou les syndicalistes. Ils sont des caméléons qui changent d’époque en une seconde, dans un niveau de jeu exemplaire.

Il y a cette belle idée de mise en scène de jouer les dialogues face public, tous en ligne. Justine Lequette attrape les générations par des symboles : cigarette et madison d’un côté / Emmanuel Macron et l’obsolescence programmée de l’autre.

Tout est soigné ici dans ce théâtre presque documentaire. Le décor qui par touches sérieuses (une table en bois, une bibliothèque, une ancienne platine vinyle …) nous transporte dans une époque redevenue à la mode. La belle lumière et les poulies qui à l’ancienne font monter et descendre une lampe ou une balançoire contribuent à cette sensation d’être dans un théâtre de filiation qui peut apparaître classique : abattement du quatrième mur, adresse directe au public et qui pourtant, par son jeux très espiègle et son sujet très politique vient rebattre les cartes.

Justine Lequette fait du très neuf avec ses méthodes de vieux. Le rétro est tendance et son geste furieusement rafraîchissant et tendre. La compagnie avait tenté sa chance dans la mêlée du Off d’Avignon, Impatience devrait lui permettre d’obtenir un joli coup de projecteur.

Le prix du jury revient à Place.

Visuel  © Hubert Amiel

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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