Théâtre

[Francophonies] Dans son « Appartement à trous », Patrick Corillon mène une magnifique quête linguistique

[Francophonies] Dans son « Appartement à trous », Patrick Corillon mène une magnifique quête linguistique

06 octobre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Le sous-titre du spectacle est : « 60 min pour parler toutes les langues ». Mais il ne s’agit pas d’une performance. C’est un conte. Qui propose une théorie. Incroyablement vraie. Incroyablement juste.

[rating=5]

AA_TROUS_154_Bohumil_Kostohryz_OKPatrick Corillon, silhouette fine et air à la fois bonhomme et aérien, ne s’encombre, pour son spectacle, que d’une table. Et de quelques croquis, qu’il glisse à la verticale dans ses fentes. Sauf qu’il a réalisé les dessins d’après les formes du bois de sa table. Les planches de celles-ci étant par ailleurs des quasi reproductions du crayonnage d’un plancher. Le plancher d’une cellule de prison. Celle du poète Ossip Mandelstam. Prisonnier russe qui racontait à ses codétenus des histoires avec des dessins… glissés entre les fentes du plancher.

Soulevez un chapeau, vous en trouverez un autre. Et encore un autre. Le spectacle du conteur belge, par ailleurs artiste contemporain, fonctionne selon ce principe. Et lancé à dix mètres du sol, il sait retomber sur ses pattes. Sont donc convoqués, dans un ordre étudié : menhirs, forêts épaisses, habitants mythiques des fleuves, fleurs, vers et fantômes. Et un chat, aussi. Tout cela, pour apprendre les langues étrangères… Ca se tient, ça se tient…Le français n’est-il pas la langue de l’eau ? l’anglais, celle des pierres ?

Que raconte-t-il, Patrick Corillon ? Quelque chose qui ressemble à sa vie. Temps passé dans la nature, étude des fleuves parisiens, ou des murs de son appartement (d’où le titre)… Et puis un conte émouvant, pour lequel il sort un ordi… Trahison ? Non : un petit film à l’animation très spéciale, très belle, suit… Il est très parlant et touchant, en tout cas, le parcours semi imaginaire de cet artiste. Qui œuvre avec rien, pour parler de presque rien. Aux Francophonies, le presque rien semble être roi. Car il est énorme, en fait. Et précieux.

L’Appartement à trous appartient au cycle Les Vies en soi, projet de quatre performances. Présentées par Patrick Corillon dans les théâtres, les musées, les bibliothèques…

Les dates de L’Appartement à trous après le festival : le 22 novembre à Clamart (Festival MAR.T.O., la Nuit de la marionnette) ; du 4 au 12 décembre à Evry (Théâtre de l’Agora).
A Evry passera également Le benshi d’Angers, autre spectacle du cycle des Vies en soi, en 2015 : les 29 et 30 janvier.

Visuel : © Bohumil Kostohryz

Visuel Une : © Yves Gabriel

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : geoffrey.nabavian@free.fr / https://twitter.com/geoffreynabavia

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