Théâtre
Et vous entendrez le dénouement de « L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge »

Et vous entendrez le dénouement de « L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge »

12 octobre 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Théâtre du Soleil propose jusqu’à la fin du mois un chef d’œuvre, qui, étonnamment, ne fait pas totalement salle comble. Ruez-vous donc sur L’histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge. Le spectacle compte deux époques : la première était une plongée sur l’exercice de l’État, la seconde, inédite, est une mise en abyme. Grandiose.

[rating=5]

Rappelons qu’en 1985, Ariane Mnouckine crée ce qui est actuellement la première partie de ce spectacle. Aujourd’hui, Georges Bigot (qui campait le rôle du roi dans la version première) et Delphine Cottu ont offert une suite, et donc une fin, à cette Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk interprétée en khmer par trente jeunes artistes cambodgiens de l’École des arts phare Ponleu Selpak.

On retrouve le même dispositif de bois, de soie et de musique, et le même feu d’artifice de comédiens. Ils ont vieilli, nous sommes en 1970. Le roi neutre a été renversé et tente de retrouver son palais en exil à Pékin. Les alliances, les amitiés et les trahisons lui feront faire de nombreux allers, parfois sans retour à Phnom Penh.

Sihanouk, joué ici par la dynamique, burlesque et électrique San Marady, se voit confronté à un adversaire diabolique, le génocidaire Pol Pot, campé par la terrifiante Chea Ravy. La question de l’accessibilité d’une pièce jouée en khmer a été résolue brillamment par, bien sûr, un surtitrage, mais surtout, un jeu scénique proche du mime, et un texte où les personnages se désignent à la troisième personne, permettant une compréhension rapide de la distribution.

Si la première partie était une entrée dans l’histoire du Cambodge par la figure du roi, la seconde nous fait comprendre que via son prisme, on est nous aussi exilés, et que donc, nous non plus, nous ne savons pas ce qui se passe « là-bas ».

Les exactions sont dites, car Sihanouk y a accès, mais pas l’extermination dans les camps. Cela, lui et le monde le découvriront après que les Vietnamiens auront libéré et occupé le Cambodge.

Le choix de Georges Bigot et Delphine Cottu, tenus par le fil d’Ariane, a été, sur cette seconde partie, de revenir, dans les dernières scènes, au théâtre et à la fiction.

Plus que jamais, ici, il faudra entendre les morts, et se souvenir.

Visuel : © Michèle Laurent

Du 3 au 26 octobre, mercredi, jeudi, vendredi 19h30 (1re ou 2e époque, en
alternance) :
– 3,9, 11, 17, 23 et 25 : 1re époque
– 4, 10, 16, 18 et 24 : 2e époque
– Samedi (sauf samedi 26 octobre) 15h (1re époque) et 19h30 (2e
époque)
– Dimanche (et samedi 26 octobre) 13h (intégrale)

Durée de chaque époque : 3h30, entracte compris – Spectacle en khmer surtitré en français.

Infos pratiques

Association Arsène
Studio Théâtre (STS)
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