Théâtre

« En quoi faisons-nous compagnie avec le Menhir dans les Landes ? » On se marre voyons !

« En quoi faisons-nous compagnie avec le Menhir dans les Landes ? » On se marre voyons !

14 novembre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Il était une fois une princesse sous acide (incroyable Julie Cloux), une vierge Marie figée par les loupiotes et affamée de statistiques. Il était une fois aussi un espèce de flamand rose, des sorciers africains, une tête de lionne et un coléoptère géant. Marielle Pinsard s’attaque aux relations entre les hommes et les bêtes, à moins que ce ne soit les hommes entre eux. Bref. En tout cas, elle pose une question existentielle à laquelle il est urgent de répondre : En quoi faisons-nous compagnie avec le Menhir dans les Landes ?

[rating=4]

Marielle Pinsard est un nom encore méconnu en France. La suissesse est reine en son pays mais on ne lui compte que deux dates, avignonnaises, : un Sujet à vif en 2008 et une Vingt-cinquième heure en 2005. C’est assez naturellement que l’ex directeur dudit festival l’a invitée a jouer dans « son » lieu, le Théâtre Vidy Lausanne. Et c’est une chance de voir cette folie pure débouler à Paris, au Tarmac .  On entre dans une forme déjà bien connue et pourtant ici plutôt bien renouvelée. Nous sommes dans un théâtre qui  a tout compris de l’apport de la performance au plateau. Le patchwork est total, autant que les mots sont rares. C’est un théâtre d’images et de happening. Les saynètes se succèdent, au départ sans fil apparent avant, ou plutôt, à la fin, de saisir que sous ses allures délurées, la dame sait manier sa barque.

Comment dire  notre société et ses dilemmes. Tous les artistes sérieux s’y piquent. Elle décide revenir aux origines, au temps où seule l’eau gouttait sur une terre déserte. Puis il y a eu Ève, sortie selon certains de la côte d’Adam. Et après c’est la merde. Céline Dion s’est mise à hurler, des prêtres en tout genre se sont mis à convertir les foules. Le paganisme et les fanatiques se sont rencontrés. Rien ne va plus.

Sur un plateau plus sage qu’il n’y parait, de l’eau tombe dans des saladiers, faisant « ploc ploc » en continu. Des Menhirs sont suspendus et des percussions attendent patiemment.  Du côté des comédiens, l’implication est totale. Ils envoient le corps, souvent nu, mais surtout, souvent maltraité, bestialité oblige.  Judiacaël Avaligbe, Koraline de Baere, Julie Cloux, Edoxi Gnoula, Piera Honegger, Albert Hounga, Guy E. Kponkento, Valerio Scamuffa et Sally Sly sont poussés à bout, dans un geste qui rappelle Macaigne, Raoul Collectif, Armel Roussel… Une passion pour la forme plus que pour le fond donc.

Cela ne veut pas dire que le spectacle est vide de propos, bien au contraire. Notre monde ainsi décrypté devient risible en même temps que rafraîchissant.

Visuel : ©Mario Del Curto

Du 13 novembre au 5 décembre

Lieu :

Le TARMAC – la scène internationale francophone

159, avenue Gambetta – 75020 Paris
Horaires :
mardi, mercredi, jeudi, vendredi : 20H

jeudi : 14h30

samedi : 16h

Tarifs : de 6€ à 25€

www.letarmac.fr / 01 43 64 80 80

Infos pratiques

Comédie Framboise
Compagnie l’Héliotrope
tarmac_de_la_villette

Une réflexion sur « « En quoi faisons-nous compagnie avec le Menhir dans les Landes ? » On se marre voyons ! »

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *