Théâtre

« Eau sauvage » au Théâtre Paris-Villette : toute petite vie qui nous laisse troublés

« Eau sauvage » au Théâtre Paris-Villette : toute petite vie qui nous laisse troublés

27 mars 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Après Jean Genet et Angélica Liddell, Julien Fisera transpose au théâtre un texte autobiographique de l’artiste Valérie Mréjen. S’appuyant sur le talent de Bénédicte Cerutti, il tend un fil entre amour et poison, et signe un spectacle entraînant et assez vénéneux.

[rating=4]

Eau sauvage 2Lorsqu’on commence à écouter Eau sauvage, un versant autobiographique se sent. Mais tout n’est peut-être pas vrai. Est-ce important ?… Quoi qu’il en soit, Bénédicte Cerutti va s’adresser à nous, une heure durant, à grands coups de formules et de mots très communs. On ne sait pas exactement qui elle incarne, dans cet espace rectangulaire où elle joue. Espace qui ressemble étrangement à une bouteille de parfum de chez Dior, emblème du texte écrit par Valérie Mréjen… Une mère ? Un père ? Elle joue un parent en tout cas. Qui conseille sa fille. Enfin, qui essaye…

Toujours est-il qu’on voit tout. Les images évoquées nous parviennent parfaitement. D’autant plus frappant qu’elle conserve son ton quasiment tout du long. Un parler naturel, pragmatique, qui peut contenir quelque chose d’obsessionnel. De l’art de Julien Fisera, son metteur en scène, on retrouve le recours à la musique : stridences quasi souterraines, puis tout à coup, explosions sonores. C’est lorsqu’intervient, vers le milieu, la voix enregistrée, que le contrecoup douloureux aux phrases ordinaires se fait le plus sentir. Car ces sentences résonnent tout à coup d’une façon horripilante. Et comme vidée de sens.

Et le récit ? On en distingue les lignes. Le protagoniste principal, ce parent mystérieux. Mais on n’aperçoit pas toujours la figure de la jeune fille, qui se construit à travers le texte. Le spectacle tient cependant notre attention du fait de son exceptionnelle interprète, et de son rythme. Qui donnent à cette parole simple des allures d’aventure vénéneuse.

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Les dates précédentes d’Eau sauvage après sa présentation à Artdanthé, à Vanves : à Armentières le 16 avril (Le Vivat, scène conventionnée) ; à Lyon du 28 au 30 avril (Théâtre Les Ateliers) ; à La Roche-sur-Yon les 12 et 13 mai (Le Grand R, scène nationale) ; à Nantes le 29 mai (Le Lieu Unique, scène nationale).

Eau sauvage, un texte de Valérie Mréjen, mis en scène par Julien Fisera. Avec Bénédicte Cerutti. Espace : Virginie Mira. Vidéo : Jérémie Scheidler. Lumières : Kelig Le Bars. Musique : Alexandre Meyer. Costume : Benjamin Moreau. Durée : 1h.

Visuels : © Simon Gosselin

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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