Théâtre

[Avignon OFF] L’histoire et les mémoires, Guy Alloucherie se raconte dans « La Brique »

[Avignon OFF] L’histoire et les mémoires, Guy Alloucherie se raconte dans « La Brique »

08 juillet 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Voici une merveille, la première repérée dans le Off, soutenue par la Région dans le cadre de l’opération Nord Pas-de-Calais en Avignon. Guy Alloucherie nous raconte La Brique, celle qui déborde à Loos ou à Lens pour venir orner le plateau et les écrans d’une petite salle de La Présence Pasteur. Coup de cœur.

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Deux grosses tendances se sont dégagées ces derniers mois dans le spectacle vivant, la première est celle du surgissement de l’archive comme permanence du présent dans les spectacles, comme l’avait fait Jérôme Bel dans sa Cour d’Honneur. Cela croise la seconde qui est la multiplication du spectacle documentaire dont Didier Ruiz (qui est également présent au Festival d’Avignon), est l’un des fers de lance.

Ce spectacle, La Brique, aurait largement sa place au Festival d’Avignon mais c’est niché dans le Off, parmi les 1307 autres que nous le trouvons.

Guy Alloucherie, les gens du nord, les vrais, pas ceux de la chanson d’Enrico, le connaissent depuis longtemps. Il a créé la compagnie Hendrick Van Der Zee en 1997, elle est installée à Loos-en-Gohelle, dans le bassin minier du Pas-de-Calais. Elle est accueillie en résidence par Culture Commune-Scène nationale à la Fabrique Théâtrale, au sein du site minier du 11/19 « reconverti en un lieu de fabrication pour le spectacle vivant. ».

La mine, Guy Alloucherie y travaille donc, enfin, sur ses traces, celles qui font rêver René Char qui sera ici cité.

Sur scène, il y a des briques forcement, des chaises, une table, deux petites peluches et des photos sur un rétro-projecteur. Ces photos sont le point d’entrée dans le spectacle, et sans personnages, point d’histoire possible au temps où on ne photographiait pas les paysages. Alors derrière la sœur, les frères, les parents, les tantes, on voit, en noir et blanc, qui sera repeint en rouge : de la brique, de la brique partout, plus solide que la pierre dont le cœur s’effrite.

Les portraits de famille sont des portes ouvertes vers l’histoire personnelle de Guy Alloucherie, le « premier de sa famille à ne pas être descendu dans la mine », son enfance et son parcours d’acteur. Les références sont à la fois savantes et populaires, car ces briques-là prennent le son du Wall des Pink FLoyd.

Guy Alloucherie campe les divas des corons en sweat rouge parsemé de croquis de briques, en jeans et Timberland, Il fait le show sur « Put the blame on me », nous fait rire aux éclat avec son phrasé et ses vannes dignes d’un Devos, puis, il glisse vers le très sensible et nous retenons nos larmes.

Notre dossier Avignon.

Visuel : DR

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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