Théâtre

Avignon Off : « L’Herbe de l’oubli » de Jean-Michel d’Hoop

Avignon Off : « L’Herbe de l’oubli » de Jean-Michel d’Hoop

16 juillet 2018 | PAR David Rofé-Sarfati

Trente ans après l’accident nucléaire de Tchernobyl, comédiens et marionnettes de Point Zéro offrent une magnifique tribune aux témoins et héritiers de la catastrophe rencontrés sur place.

 

Nous sommes en présence d’un objet créatif qui oscille sans jamais pouvoir le décider, entre théâtre et documentaire. Nous aimerions parfois qu’une décision soit prise tant le mélange des genres brouille les pistes. Cependant les marionnettes osent et ajoutent une poésie, ainsi qu’une déréalisation utile et admirable, à un sujet aussi terrible que poignant.

La chose a un but, celui de rendre compte de cette actualité terrifiante. Actualité, car les habitants de la zone de Tchernobyl y sont revenus, habiter, cultiver et élever leurs enfants. Ils sont revenus au titre de leur stupidité atavique héritée des années soviétiques où le citoyen a appris à souffrir en silence, et en même temps à faire confiance dans une confusion délétère au parti et à la Vierge Marie.

Metteur en scène de renommée internationale dans le milieu de la marionnette, Jean-Michel d’Hoop dévoile pour nous cette sordide situation trente ans après. Le propos est aussi vertueux que désespérant. Ce qui ne se dit pas n’existe pas et l’Union soviétique a su mieux qu’aucune autre dictature, aidée en cela par l’aspect invisible des radiations, ne pas donner de mots à ce qui n’aurait pas dû exister.

Il faut aller voir L’Herbe de l’Oubli. Ce n’est pas à proprement parler du théâtre, mais un témoignage scénarisé assorti de marionnettes bouleversantes, un témoignage indispensable.

 

L’Herbe de l’Oubli
de Jean-Michel d’Hoop
Théâtre des Doms
17h
durée 1h20

droits photos © Veronique Vercheval

 

Infos pratiques

Théâtre Au Bout Là-Bas
Théâtre de La Luna
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *