Théâtre
[Avignon Off] « La mémoire des serpillères » Matei Visniec face à l’écran du monde

[Avignon Off] « La mémoire des serpillères » Matei Visniec face à l’écran du monde

22 juillet 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

« Si les rats pesaient 20 kilos, ils seraient les maîtres du monde », la phrase est d’Einstein et elle semble toute indiquée pour comprendre ce texte inédit de l’auteur Roumain Matei Visniec mis en scène par la fidèle Compagnie Umbral au titre aussi sale que l’est l’histoire racontée : La mémoire des serpillères.  

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Depuis , l’Histoire du communisme raconté pour des débiles mentaux ,Petits boulots pour vieux clowns…Avignon suit intensément la relation  qu’entretient le clown et metteur en scène Victor Quezada Perez avec la plume acide de Matei Visniec.  L’auteur est devenu en quelque sorte l’ADN de la compagnie qui fait passer par le nez rouge ce qui serait trop difficile à entendre.  Avec La mémoire des serpillères nous entrons sur le théâtre des opérations. La bataille est rangée et tire sévère. Pas de doute, c’est la guerre. Mais que fait ce rat sexy alangui sur un lit ? Étrange. Le saviez-vous les rats veulent leur espace, l’espace « R » et chantent les louanges du cerveau unique. Voici nos âmes calibrées en nombre de rats. Voici un conflit étrange, de plus en plus étrange. Et de n’est pas François,  reporter de guerre qui va dire le contraire. Ici , le conflit n’est pas normal. Il est scénarisé.  Orchestré par les belligérants pour obtenir la couverture médiatique souhaité

Jusqu’où l’éthique peut nous étouffer ? Quand l’abject devient-il nauséeux ? Par le rire noir les clowns s’enfoncent dans le délire et nous entraînent dans le rythme calibré de leurs journées : ils se battent 8 heures par jour, font cimetière commun et ne ratent pas Les feux de l’amour. Tout n’est qu’image ici.

Visniec signe ici un 1984 version conflit dans les Balkans que Victor Quezada Perez sait parfaitement traduire en glissant dans l’absurde de situations folles : imaginez un prêt d’armes inter-camp ! On retrouve avec joie Lucas Henaff, Laurent Pons, Charles André Lachenal, Aurélie Bozzelie, Doriane Emerit, Mylène Cala, Mélanie Charvy, Aurore Bourgois Demachy, Clémentine Lamothe, Marie Sanson et Sixtine Leroy qui montrent et prouvent une fois de plus, si il restait un doute que le clown permet par son rapport au corps décalé et ses voix nasillardes une profonde et puissante satire du monde.

Visuel : © affiche

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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