Théâtre

Antoine Caubet perce Jon Fosse au Théâtre de  l’Aquarium.

Antoine Caubet perce Jon Fosse au Théâtre de l’Aquarium.

11 février 2019 | PAR David Rofé-Sarfati

Antoine Caubet s’est emparé du roman Matin et Soir de l’auteur norvégien Jon Fosse en une ambition multiple. Violoncelle, chorégraphie, lumière, décor et mots confluent pour une pièce bijou au Théâtre de l’Aquarium de Vincennes.

Antoine Caubet metteur en scène et comédien fut longtemps artiste associé au Théâtre de l’Aquarium où il a présenté Roi Lear 4/87 d’après William Shakespeare et créé Partage de midi de Paul Claudel, Un Mari-salope de Jean-Paul Queinnec, Finnegans Wakechap. 1 d’après James Joyce et Œdipe Roi de Sophocle. Il vient de créer Vie et Mort de H… de Hanokh Levin au Théâtre de l’Île à Nouméa. Il fut, en 2017, un inoubliable et  formidable Roy Cohn, entre vérité et faux semblant, dans Angels in America où il reprit le rôle d’Al Pacino dans la magnifique adaptation théâtrale de Aurélie Van den Daele. Antoine Caubet, on l’aura compris, est un homme de théâtre fondamentalement littéraire. Amoureux des textes, il s’occupe à pourchasser le fin mot de l’histoire.

Sa rencontre avec la plume de Jon Fosse se fera au sein d’un décor envoûtant, parfois hypnotisant. Un décor splendide et minimaliste plongé dans la pénombre : une large estrade inclinée plantée sur pilotis dans l’eau; un écran en fond de plateau. Et la fabuleuse musique originale au violoncelle de Vincent Courtois finit de fabriquer l’écrin du texte.

Un homme nait et un homme meurt. Matin et Soir. Pierre Baux interprète cet homme entre monde des vivants et celui des morts. Chaque mot est soupesé, calibré afin que jamais l’atermoiement ne nous saisisse et avec lui la crasseuse dette de l’empathie. L’homme se raconte à la troisième personne, témoigne du destin des mortels, mais ne se plaint pas. Le propos est rude, mais beau. Sans l’artifice de l’apitoiement et par une division du personnage où paisiblement il se profère et s’articule,  le geste est un bijou littéraire. Chaque geste du comédien est aiguisé,  sa discrète chorégraphie épouse les mots, incarne et désincarne son soliloque. Pierre Baux impressionne.  La fille de l’homme (Marie Ripoll si juste conjugue l’angélique et le terrien) viendra fermer le cycle par une homélie finale qui nous autorise à l’émotion. 

Le spectacle est un chef d’oeuvre, une pépite qui installe définitivement Antoine Caubet dans le cénacle des artistes à suivre.

MATIN ET SOIR

5 > 24 février 2019
du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h

1H20

Théâtre de l’Aquarium 

adaptation, scénographie et mise en scène Antoine Caubet
assistante Marlène Durantau, travail du corps Cécile Loyer (chorégraphe), 
lumière Antoine Caubet & Romain Le Gall Brachet, son Valérie Bajcsa, costumes 
Cidalia Dacosta, maquillages Magali Ohlman, vidéo & photographie Hervé Bellamy, construction des décors Éric den Hartog et Antonio Rodriguez
régie générale Romain Le Gall Brachet
violoncelle, composition, interprétation Vincent Courtois
avec Marie RipollPierre Baux & Antoine Caubet

Photos Affiche

 

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