Théâtre

AMPHITRYON DE MOLIERE MISE EN SCENE STEPHANIE TESSON AU POCHE MONTPARNASSE.

AMPHITRYON DE MOLIERE MISE EN SCENE STEPHANIE TESSON AU POCHE MONTPARNASSE.

01 novembre 2017 | PAR David Rofé-Sarfati

Un fois de plus la grand salle du Poche Montparnasse se transforme en un grand théâtre parisien et nous offre, mis en scène par la directrice des lieux un Amphitryon de Molière drolatique et vaudevillesque dans une belle production que l’auteur lui même ne désapprouverait pas.

[rating=4]

Un vaudeville sous forme de conte mythologique.

L’intrigue est connue. Pour séduire l’épouse de Amphitryon, la belle Alcmène, Jupiter utilise un ingénieux stratagème : il se présente sous les traits du mari. Mercure, serviteur de Jupiter, fait de même : il prend les traits du valet d’Amphitryon, le dénommé Sosie. Lorsque Sosie (il est le personnage de fiction dont est tiré le substantif) regagne la maison de son maître, il a la surprise de se trouver devant lui-même. Aussi quand le véritable Amphitryon revient du combat il reçoit un accueil surprenant, car sa femme croit l’avoir quitté quelques instants plus tôt. On assistera à une étrange situation de cohabitation entre les hommes et les dieux, avec des effets de miroir, des motifs de quiproquo (le mot n’a jamais aussi bien représenté la chose) dont l’amour est l’enjeu. Et si la pièce parle d’adultère, cet adultère est un peu particulier, car il est insoluble dans le procès de l’épouse, elle qui croyait de bonne foi coucher avec son mari. Du coup le mari est un peu désorienté.

Le retour de l’Auguste Théâtre.

Le choix de mise en scène adhère à l’esprit de la pièce. Amphitryon n’est pas Alidor ou Hippolyte. Molière a écrit là une farce, une joyeuse comédie sur les couples et l’inquiétude des maris. La pièce est montée de façon authentique, comme à l’époque de l’Auguste Théâtre quand la troupe traversait la France en roulottes et où la scénographie se devait d’être inventive et les effets spéciaux ingénieux ; et où surtout, car c’est pour cela que l’on va assister à un Molière, la part belle est donnée pour le texte et par le texte aux comédiens qui usent du surjeu et de l’emphase burlesque. La troupe admirable épouse le biais du classicisme des vers de la pièce rencontrant l’esprit de ce vaudeville. Jean Paul Bordes est un fantastique Amphitryon, il est extraordinaire. Chacune de ses entrées sur scène apporte le rire, à l’instar de celles de Christelle Reboul, Cléanthis. Guillaume MARQUET incarne un drolatique Mercure, Nicolas VAUDE un Sosie bouffonnant et Odile Cohen une Alcméne angélique.

C’est en grande pompe donc et durant 1h45 bien vite passée, que la langue de Molière rebondit dans une bouffonnerie battant aphorismes sur le couple et ses querelles, sur les médecins, sur les femmes et sur leur mari. Tout public la pièce est à venir voir avec ses enfants et ses petits enfants. 

 

 

 

Photo © Pascal Gely

Benjamin BOYER, Jupiter
Antony COCHIN ou Yannis BARABAN, Argatiphontidas Polidas
Odile COHEN, Alcmène
Mathias MARÉCHAL, Naucratès et Posiclès
Guillaume MARQUET ou Laurent COLLARD, Mercure
Christelle REBOUL, La Nuit et Cléanthis
Nicolas VAUDE, Sosie
Théâtre de Poche-Montparnasse
Du 12 septembre au 31 décembre 2017
1H45

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David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

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