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La nuit immersive, la proposition un peu cool du Festival d’Avignon

La nuit immersive, la proposition un peu cool du Festival d’Avignon

13 juillet 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ces dernières 48 heures, ces mots étaient sur toutes les bouches : « tu as une place pour La nuit immersive » ? Ce one shot qui donnait si envie sur le papier a fait flop.

L’église des Célestins est l’un des plus beaux lieux d’Avignon. Cette structure gothique est depuis longtemps dédiée au culte du spectacle vivant. C’est donc tout excité que tous les élus se pressent à 21h30, 23H ou 00H30 pour aller voir ce collectif d’un soir réuni par Tracks et l’Adami. Le problème est que cette déambulation très instagrammable colle des propositions dont plusieurs sont super d’ailleurs, sans les lier les unes aux autres.

Tout l’espace de cette église en ruine est occupé par des artistes. Et nous nous sommes invités à aller d’un spectacle à un autre, comme on scrolle sur une playlist. Nous adorons la machine à volutes de l’architecte des particules Guillaume Cousin, nous aimons beaucoup les choubakas sous acides de la metteuse en scène et chorégraphe espagnole Rocio Berenguer. Le pas de deux entre Adrien M & Claire B et Jann Gallois est super joli.

Et nous sommes fascinés par le travail performatif de Moran Sanderovich qui devient un ectoplasme sanguinolent qui terrifie. On salue le travail bien fait de théâtre augmenté de la compagnie Underground Sugar qui offre une scène de l’Ecume des jours.

Nous sommes autorisés à filmer et à photographier et il est vrai qu’à poster sur les réseaux chaque proposition marche et parait « super cool ». Mais est-ce cela un spectacle vivant ? Malheureusement « super cool » ne suffit pas. Même si chaque œuvre prise de façon indépendante dit quelque chose du monde, de l’écologie, de la société, cela nous laisse un goût amer d’insuffisance dans la bouche. On en veut plus. Plus du ballroom poilu de Rocio Berenguer et plus qu’une apparition de Moran Sanderovich.

Nous avons eu la sensation d’accéder à des extraits de spectacles au titre mensonger. C’est vrai, depuis quand une nuit dure-t-elle une heure ?

Visuel : © ABN

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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