Architecture
Gaudí : le modernisme catalan invité au musée d’Orsay

Gaudí : le modernisme catalan invité au musée d’Orsay

13 juillet 2022 | PAR Rachel Rudloff

Jusqu’au dimanche 17 juillet, le Musée d’Orsay vous présente la première exposition française entièrement consacrée au maître du modernisme catalán, Antoni Gaudí. 

 

« C’est un génie ou un fou ! » 

Pour la première fois, grâce à une collaboration avec le Museu d’Art Nacional de Catalunya, 200 œuvres (mobiliers, plans, objets, dessins, photographies, vitraux) sont exposées en France et nous permettent de (re)découvrir l’architecte de génie. Retraçant les différentes étapes de sa vie et ses inspirations (ses origines populaires, son attachement à l’identité catalane, sa collaboration avec l’industriel Güell et sa religiosité), l’expo permet d’introduire la complexité et la richesse de son œuvre.

Formé à l’Ecole d’Architecture de Barcelone et lecteur des architectes de la pensée rationaliste (Viollet-le-Duc, John Ruskin, Owen Jones), Gaudí va s’intéresser dès ses premiers travaux au dialogue entre artisanat et industrie qui va caractériser l’Art nouveau. Mais, comme le rappelle bien la première salle de l’exposition, même si son nom reste le plus connu, l’architecte, loin d’être isolé, est venu s’inscrire dans une période de bouleversements urbains, politiques et d’effervescence artistique en Catalogne. Son œuvre, caractérisée par l’utilisation d’images fortes et de symboles, donne à voir la croissance économique de Barcelone et les transformations sociales. En effet, entre 1852 et 1926, vie de l’artiste, la ville et la région vont être secouées par les tendances anarchistes qui s’opposent à l’État-nation espagnol. 

 

La folie des grandeurs : (re)façonner la ville

L’architecte va redessiner totalement la ville. Avant Gaudi, il y avait les cheminées de briques rouges des usines de textile. Aujourd’hui, ses nombreuses maisons composent le paysage urbain, mais surtout, la Sagrada Familia, immense, trône à l’ouest de la ville, comme pour veiller sur elle.  

Une salle entière retrace sa collaboration avec l’industriel du textile Güell, figure aristocrate et dandy de la catalogne identitaire. Leur amour commun de la Catalogne, la poésie contemporaine et la foi chrétienne amènera Gaudí à réaliser pour lui de nombreuses commandes. Au travers de plans, de mobiliers inédits, de petites photos en 10x5cm, on apprivoise la marque de fabrique rationaliste de l’architecte dans plusieurs endroits : la Finca Güell, le Park Güell, le Palau Güell. Sur les clichés de l’extérieur des immeubles, on remarque leur taille : 6 étages, une folie pour Barcelone, où la moyenne est de 3 étages. 

Mais ces grandeurs ne sont que le prémices de sa pièce maîtresse, La Sagrada Familia. Dans la dernière salle, les murs bleus nuits dénotent avec le parcours coloré et appellent à la spiritualité. Face aux croquis des premiers projets religieux de l’artiste, se dressent des gigantesques vitraux, mais le reste de la pièce ne rend pas tellement compte du réel gigantisme de la cathédrale et de sa splendeur. 

 

Une exposition de l’intime 

Finalement, l’exposition est assez courte (un peu moins d’une heure) mais nous plonge dans une rencontre intimiste avec l’architecte. Les couleurs des murs (beige, rouge, vert d’eau) restent dans des tons apaisants et chaleureux.

Les couloirs qui serpentent entre les salles semblent symboliser l’approche intuitive et singulière de l’artiste : des fantaisies teintées de rationalité -des buffets en bois massif aux portes asymétriques, des meubles aux angles arrondis, des bancs au siège courbé. Le style particulier de Gaudí s’inscrit autant dans des objets du quotidien que dans sa cathédrale immense dont on attend encore le résultat final. 

 

Visuel : affiche officielle de l’exposition. 

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Rachel Rudloff

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