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Bruitisme et robotisation à Vive le sujet! (2) au Festival d’Avignon

Bruitisme et robotisation à Vive le sujet! (2) au Festival d’Avignon

08 juillet 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La SACD et le Festival d’Avignon continuent leur collaboration pour des Sujets à vif renommés Vive le Sujet ! Après un programme 1 très green, le second s’avère brutal.

Pour Pontonniers, Annabelle Playe et Alexis Forestier s’offrent un pas de deux hurlant qui fait voir le bruit. Si comme nous vous ne le saviez pas, les pontonniers sont (merci Wikipédia) : « des unités du génie militaire chargées de mettre en place, sur des cours d’eau, des ponts afin de permettre le franchissement de ceux-ci par les armées ». Alors sur le plateau du Jardin de la Vierge du lycée Saint-Joseph, se met en place un petit arsenal de circulation. Des barres à mines, une grosse roue, une planche à roulettes… et d’autres trucs, tous rouillés. Aux platines, une chanteuse electro-acousticienne blonde platine va jouer la bande-son 100% noise dont le ferraillou Alexis Forestier a besoin. Lui, en chemise façon bleu de travail a des allures punk. S’en suit un assemblage de textes hurlés souvent en allemand (100 poèmes de Ernst Herbeck). 

Leur envie est de construire un territoire, ce qui est rendu possible par l’inaudible. Les textes, criés, noyés dans le métal de la musique et des objets, deviennent un autre bruit. Intellectuellement, l’idée de noyer l’image dans les décibels, de faire entendre le non mélodique est passionnant, mais la réalisation est une épreuve physique.

Sans autre transition que le changement de plateau, on passe à Splendeur de Dysmorphie de Vera Mantero et Jonathan Uliel Saldanha. L’image est folle. Deux Bibendums, le visage enserré dans des collants, sont assis face à nous. La voix enregistrée nous assomme de phrases robotisées sur la « transgression des lois physiques ». D’abord cantonnée à l’assise, Vera Mantero bouge avec une rapidité déconcertante. Elle va progressivement élargir le geste, se lever, mobiliser les bras dans des mouvements de voguing. Son binôme reste figé dans son costume. Seule elle veut s’en sortir. Vera Mantero a l’habitude de s’intéresser à l’ethnologie, et dans ces personnages culturistes en néoprène, il y a une mélancolie de la modernité. Ils sont coincés, empêchés et pourtant, la danse traverse l’immobilité. 

Jusqu’au 12 au Jardin de la Vierge du lycée Saint-Joseph

Visuels © Christophe Raynaud De Lage / Festival d’Avignon

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