Performance

[Avignon] Glissez dans les draps de Sophie Calle en « Chambre 20 »

[Avignon] Glissez dans les draps de Sophie Calle en « Chambre 20 »

15 juillet 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les lieux magiques ne manquent pas à Avignon et l’hôtel de la Mirande en est un. Des rencontres magiques dans ces lieux magiques cela est plus rare, mais cela est possible, merci à la programmation du Festival d’Avignon.

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Il faut entrer dans le beau hall, jeter un œil au salon, où, de parole avignonnaise, on y sert le meilleur goûter de la ville. Il faut monter le grand escalier pour enfin accéder à une magnifique chambre, vaste, donnant sur un patio. Deux lits sont côte à côte, l’un est brûlé, car apprend-t-on sur le petit écriteau qui dit son histoire, lorsqu’elle était déjà grande, Sophie Calle a vu son lit brûlé végéter dans l’entrée de l’immeuble. Sur l’autre lit, la photographe, plasticienne, metteuse en scène et raconteuse consulte ses emails.

Elle est là au même titre que tous les objets dont elle a parsemé la suite. Dans la salle de bain, une photo d’un bout de nez raconte que la maman de Sophie, Monique, à laquelle elle a consacré une divine exposition mémoriale en 2012 à l’église des Célestins, souhaitait qu’elle se fasse refaire le nez, mais son chirurgien est mort deux jours avant l’opération. Ou alors, était-ce l’oncle de Sophie qui a fait cette demande ? Allez savoir, tout se trouble dans cette chambre où la présence des visiteurs et de Sophie devient étrange et où le seul fil conducteur entre les cartels est le votre. Les mots parlent de son amoureux, d’un amant,  de son enfance, de sa mère, bien sûr.

Si un « spectateur » le décide, il s’approche d’elle doucement et se colle à son oreille pour lui proposer une histoire, normalement, faite pour l’endormir, mais elle accepte volontiers les histoires aux accents psychanalytiques. Si le sujet lui plait, elle vous invitera à vous allonger à côté d’elle. Certains ôteront leurs sandales pour ne pas salir les draps blancs. Elle pourra vous proposer de vous enregistrer, si vous le désirez. Pourquoi refuser ?

D’un coup, l’intimité de la chambre revient et la présence de la vingtaine de visiteurs s’oublie, il y a elle, vous et ce qui est dit ne regarde qu’elle et vous.

Chambre 20 est une performance à laquelle il faut se prêter sans avoir peur. Glissez vous sans vergogne dans les draps de Sophie Calle

Hôtel La Mirande,  4 Place de l’Amirande, 84000 Avignon

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Visuel : Chambre 20 – Sophie Calle – © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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