Opéra

Un retour d’Ulysse dense et charnel par William Kentridge et le Ricercar Consort à l’Opéra Royal de Versailles

Un retour d’Ulysse dense et charnel par William Kentridge et le Ricercar Consort à l’Opéra Royal de Versailles

19 avril 2019 | PAR Yaël Hirsch

Le chef d’œuvre du Claudio Monteverdi, Le retour d’Ulysse se donne les 18 et 19 avril 2019 à l’Opéra Royal de Versailles avec une formation baroque puissante et ramassée et dans une mise en scène organique du plasticien Sud-africain William Kentridge. Un petit bijou baroque.

Ulysse est parti pour son grand voyage, Pénélope se désole et tisse en faisant patienter les prétendants. Guidé par Athéna, le héros d’Homère revient à Ithaque et doit triompher à l’arc pou se faire reconnaître de sa femme… 

Jouant avec le petit comité exceptionnel des 7 musiciens du Ricercar Consort dirigé par Philippe Pierlot, qu’il positionne en arc de cercle comme un décor surplombant, William Kentridge propose une vidéo sur le mode de l’échographie pour illustrer l’opéra mythologique où dessins et photos se mêlent pour signifier à la fois l’écartèlement de Ulysse via l’imagerie médicale et aussi, avec les sillon ds routes, une odyssée retour.

Côté musique et côté voix, cet Ulysse est un festin : les musiciens rythment avec autant de puissance que d’intimité une action qui devient à la fois bercement et suspense. Toutes les voix sont superbes, à commencer par le ténor américain Jeffrey Thompson dans le rôle d’Ulysse. En face,  tout en douceur ET en fermeté, la soprano Romina Basso nous rappelle que Pénélope est au moins autant l’héroïne de ce retour que son mari. Leur duo final « O delle mie fatiche meta dolce e soave » est un véritable enchantement. A leur côtés, Hannah Bayodi en Athéna, et Jean-François Nivelli en Télémaque sont tout aussi extraordinaires.

Mais ce qui impressionne le plus dans cette version très dense de l’opéra de Monteverdi, c’est la simplicité et la puissance. L’usage des marionnettes de la Handspring Puppet Compagny permet de figurer de manière évocatrice la force du destin. Dansant presque à chaque instant, chacun des chanteurs suit sa marionnette et son manipulateur, pour des trios de mouvements essentiellement vivants et baroques. On rejoint là la métaphore de la vie, qui s’amorce avec l’échographie de Kentrgidge et l’on se dit que ces débuts de l’Opéra sont saisis dans toute leur force et leur charme de promesses. A voir!

 

visuel : YH

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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