Opéra
King Arthur au Théâtre de l’Athénée : un roi de divertissement

King Arthur au Théâtre de l’Athénée : un roi de divertissement

11 février 2014 | PAR La Rédaction

L’ensemble BarokOpera Amsterdam joue au Théâtre de l’Athénée jusqu’au 12 février l’opéra King Arthur de Henry Purcell, en version ultra condensée. Au point que l’on peine à y tirer son épée du jeu.

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Le spectacle s’ouvre sur une vieille malle dont les chanteurs sortent accessoires et costumes réduits à quelques attributs symboliques : un lourd manchon pour le Roi Arthur, un chapeau démesuré pour Oswald, un corset soutenu d’armatures de plastique bleu électrique pour Emmeline, la bien-aimée du roi… A les entendre parodier la diction élisabéthaine, on se doute que l’esprit des dramatic operas de Purcell a (volontairement) été oublié au vestiaire. Ne pas se prendre au sérieux : tel est le mot d’ordre !

Le BarokOpera Amsterdam, troupe néerlandaise menée par la française Frédérique Chauvet, a choisi de ne conserver que les numéros musicaux, soit deux heures d’opéra au lieu des six qu’exige la pièce entière. A l’époque de Purcell et de son librettiste John Dryden, le public passe volontiers de longues heures au théâtre, à échanger les dernières nouvelles entre voisins tout en jetant par intermittence un œil et/ou une oreille à la scène. Aujourd’hui, on n’a plus le temps, il faut être concis remarque le metteur en scène Sybrand van der Werf dans la note d’intention.

Certes, mais à quel prix ? Le charme de cette tragi-comédie aux allures shakespeariennes tient tout entier dans la multiplication des personnages et des intrigues, aux atmosphères tantôt solennelles, tantôt satiriques, aux dénouements tantôt féériques, tantôt prosaïques, aux envolées tantôt lyriques, tantôt comiques. On s’y coule comme dans un bon bain chaud. Expurgée de ses « longueurs », elle se réduit à une succession de sketches plus ou moins réussis, portés par des comédiens enthousiastes mais parfois piètres chanteurs.

Le Roi Arthur de Pieter Hendriks sort du lot aux côtés des sopranos Wendy Roobol et Mijke Sekhuis. La jubilation évidente avec laquelle ils accomplissent pitreries et beaux airs dériderait le plus grincheux des spectateurs, malgré quelques défaillances vocales. On n’en dira pas tant des deux autres, pas franchement au niveau d’une salle comme l’Athénée, avec des voix qui passent à peine les trois premiers rangs. L’orchestre d’une dizaine de musiciens compose quant à lui un décor discret. Sans plus.

On retient le numéro de Philidel (Mijke Sekhuis), guidant la troupe dans un noir seulement éclairé d’une lampe de poche : « This way ! » (« par ici ! »), invoque l’esprit des Airs dans une salle transformée en caverne obscure. Le fameux « Air du froid » fait sortir Pieter Hendriks d’une malle d’où s’échappent des brumes bleutées, quand Cupidon réchauffe des amants pris sous des bâches de plastique chiffonné. De belles idées et une bonne humeur générale qui font que ce King Arthur, s’il ne mérite pas un couronnement, est bien digne d’un rire d’adoubement !

Par Victorine De Oliveira

Visuels: © Hans Hijmering

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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