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Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly : les mots à fleur de peau

Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly : les mots à fleur de peau

10 octobre 2014 | PAR Megane Mahieu

Jeudi 9 octobre, à la Maison de la Poésie, une jolie rencontre a eu lieu. Celle des mots lus et des mots chantés, celle de l’écrivain et du musicien, celle de Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly qui présentent Et vivre était sublime

Une lecture musicale nous a été proposée hier soir, jolie forme hybride faisant écho à la nouvelle identité de la Maison de la Poésie, maison d’auteurs qui met en avant le goût du texte et de ses lectures sous diverses formes.

Deux univers s’y sont côtoyés, le temps d’une séduisante ballade au gré de divers textes et morceaux choisis par ceux qui se surnomment « les garçons manqués ». Nicolas Rey, écrivain, a depuis toujours les soucis des mots qu’il clame aussi avec vitesse lors de multiples chroniques, épaulé par son acolyte Pascal Clark sur France Inter. Mathieu Saïkaly, franco-libanais de 21 ans, est lui connu du public pour avoir gagné la dernière édition de la Nouvelle Star, vivier de talents précoces. Une jeunesse et un style qui a su séduire l’écrivain. A propos de cette rencontre, l’auteur de L’amour est déclaré dit: « Je l’ai trouvé très beau. Il m’a trouvé très vieux. Mais nous avons décidé de fusionner nos deux histoires d’amour », celle des textes pour l’un, celle des disques pour l’autre.

Grand et frêle garçon, cheveux bouclés, pieds nus et mille bracelets aux poignets, Mathieu Saïkaly accorde avec précaution sa guitare devant nous. Autour de lui, dans la petite salle aux allures de cave voûtée, les sons vont et viennent, les gens parlent sans gêne. Bientôt arrive son comparse Nicolas Rey qui cahiers en mains, comme un écolier, s’installe en face de lui. Commence alors un voyage où les mots sont nos guides. A la fois crus et poétiques, la thématique amoureuse se fait le fil rouge de ce montage de texte d’une intelligence folle. Comme un air de guitare se fait tantôt suave et tantôt brut sous l’impulsion de l’extrait choisi, l’amour est fluctuant dans la bouche des deux artistes.

La juvénile candeur de l’un répond aux expériences de l’autre. Derrière les textes lus se dessinent peu à peu les abîmes de Nicolas Rey, de même que les chansons nous ouvrent l’univers folk et romantique de Mathieu Saïkaly. Le domaine littéraire de Rey s’étend du mythique Albert Cohen et sa Belle du Seigneur au très contemporain et peu connu David Thomas. L’habile voix de Saïkaly donne elle à entendre le grand Bob Dylan mais aussi le regretté chanteur folk Elliott Smith. La mélancolie se distille, mais le duo n’en oublie pas les instants vraiment légers. Ainsi les joyeux aphorismes d’Oscar Wilde ou Woody Allen répondent aux « P’tits Papiers » de Régine. Le tout donne un mélange des genres brillant et saisissant. 

Rey et Saïkalys, un duo enchanteur et complice qui compose à deux voix une histoire neuve grâce aux mots des autres. Plus d’une heure d’une rare harmonie que même une panne de courant subvenue en plein milieu d’une lecture n’aura pas entachée. Oui, pendant plus d’une heure, vivre était sublime, et les garçons manqués nous manquent déjà.

« Et vivre était sublime » à la Maison de la Poésie, le 16 et le 23 octobre. Pour poursuivre l’aventure  via les ondes radiophoniques, rendez-vous sur France Inter le mercredi soir à partir de 21h. 

Visuel : ©E.Noblet

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