Marionnette

« The Puppet Showman », spectacle de marionnettes des Francophonies 2019 !

« The Puppet Showman », spectacle de marionnettes des Francophonies 2019 !

01 octobre 2019 | PAR Chloé Coppalle

Dans le cadre des Zébrures d’Automne, les Francophonies recevaient cette année The Puppet Showman, un spectacle de marionnettes écrit et mis en scène par Yeung Faï, fils d’un marionnettiste chinois qui lui transmis la technique et la finesse du savoir-faire. 

Yeung Faï et la technique de la marionnette à gaine

Dans sa famille, Yeung Faï représente la cinquième génération de marionnettiste, en utilisant la technique de la marionnette à gaine chinoise, maîtrisée par son père avant lui. En Chine, la marionnette à gaine est un type qui vient de la région de Fujian, au Sud-Est du pays, et apparue au XVIIème siècle. De taille moyenne (environ 30 centimètres), les marionnettes évoluent dans des intrigues comiques et de bagarres. D’abord produit dans les salons de thés puis beaucoup utilisé pour les fêtes religieuses, ce type de marionnettes se développe. A partir du moment où la musique a été rajouté au spectacle, il commença a rencontré un intérêt économique fort, car n’étant pas de grandes tailles et mêlant musique et spectacle, organiser une représentation de marionnettes à gaines coûtaient moins cher qu’inviter un opéra. La marionnette à gaine chinoise est articulée principalement par le majeur, l’index, et couvre l’avant-bras, caché sous la jupe du personnage. A la différence du type français qu’on peut caractériser par la marionnette Guignol, celui venant de Chine a des jambes. Yeung Faï apprend à manipuler les personnages dès l’enfance, à l’âge où le corps est assez souple pour pouvoir être formé. Mais lors de la Révolution Culturelle instaurée entre 1966 et 1976, Mao interdit toute forme artistique qu’il juge ancienne. Spectacle, théâtre, opéra, peinture, absolument toutes les productions artistiques sont contrôlées et soumises à l’œil du régime. Dans ce contexte, le père de Yeung Faï est persécuté à cause de ses productions de marionnettes, art que le régime voit comme appartenir au passé. 


« The Puppet Showman »

Le spectacle se compose de l’enchaînement de plusieurs sketchs mettant en scène un ours qui doit lutter avec une mouche pour pouvoir dormir, le combat de deux étudiants, ou encore l’histoire d’un homme qui a du mal à faire la cour à une femme. Ce spectacle porte bien son nom de « The Puppet Showman », car il raconte, à chaque fois à l’aide de deux marionnettes, une suite de petits gags qui se succèdent sans trame narrative définie sur l’ensemble du spectacle, comme on le ferait pour un one man show. L’organisation de la pièce s’articule à la fois selon ces codes et celui du spectacle de marionnettes qui peut s’organiser également selon un enchaînement de petites histoires.  

La codification du spectacle de marionnettes à gaine se manifeste par la représentation de scènes de luttes dans un univers comique. Ce dernier se réalise par les bruits produits par la bouche de Yeung Faï : les bruits exprimés et exagérés donnent la parole aux personnages et accompagnent leurs gestes. L’artiste se moque également des clichés dont font l’objet les personnes d’origine chinoise. Lors du premier sketch par exemple, un ours se bagarre avec une mouche qui l’empêche de dormir. Au début, il se cache simplement sous la couette. Mais plus la mouche s’acharne, plus ses réactions se font crescendo. Perdant patience, il finit par sortir une bombe anti moustique dont la taille est disproportionnée par rapport à lui, mais cette dernière se révèle inefficace, alors Yeung Faï s’exclame « made in China ! ». 


Le seul bémol du spectacle serait les transitions entre les gags parfois indéchiffrables, voire maladroites, mais globalement, l’artiste présente un spectacle familial tout à fait drôle pour les adultes, grâce à un sens du comique raffiné et des marionnettes très bien réalisées et maîtrisées.

 

Visuel : ©Christophe Péan/Les Zébrures d’automne – 2019

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Chloé Coppalle

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