Humour

« The Pianist »: le clown poétique existe aussi en version anglo-saxonne

« The Pianist »: le clown poétique existe aussi en version anglo-saxonne

13 octobre 2017 | PAR Mathieu Dochtermann

Jusqu’au 12 novembre, le 13ème Art programme en première partie de soirée le très bon The Pianist, spectacle de clown burlesque comme il se définit lui-même, du néo-zélandais Thomas Monckton. Un spectacle court mais rafraîchissant, un humour très physique avec des petites touches de poésie, à mi-chemin entre clown et mime. Plutôt réussi, ce qui est assez normal pour un spectacle aussi bien rodé.
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Un décor simple fait de deux pendrillons, un piano à queue, c’est un spectacle qui se présente sous le sceau de la simplicité et du dépouillement. D’ailleurs, l’arrivée en scène de Thomas Monckton, qui incarne le pianiste, ne dément pas cette première impression : seul en scène, sans guère d’effets spéciaux à part un peu de fumée, avec une création lumière simple et efficace, il tiendra le public en haleine pendant l’heure que dure le spectacle.

C’est un clown très physique qui nous est proposé là. D’abord, parce que la pièce est entièrement muette, et que même lorsque l’interprète communique avec les membres du public il le fait sans articuler le moindre mot. Ensuite parce que l’artiste, en plus d’être clown, est aussi bien contorsionniste, et qu’il se livre à quelques dangereuses acrobaties, que l’on ne tenterait pas à sa place. Cependant, on ne peut pas réduire ce spectacle à cela: beaucoup de comique de situation entre aussi en jeu, dans un registre plus cérébral, au fur et à mesure des efforts désespérés de ce pianiste aussi malchanceux que maladroit pour atteindre son piano puis en jouer dans de bonnes conditions.

C’est donc avant tout un spectacle qui fait rire, et il faut avouer qu’il réussit bien à cet endroit là. Notamment, la propension du personnage à déclencher des batailles de boules de papier dans la salle est assez réjouissante. Cependant, il y a aussi une dimension poétique à l’ensemble : le personnage passe par des péripéties qui peignent parfois des tableaux surréalistes, et ses échecs à répétition le rendent finalement très humain, ce qui est le propre du bon clown. On sent que l’artiste s’inscrit dans la veine des Charlie Chaplin ou des Buster Keaton… et il ne le fait pas mal!

Un spectacle très agréable, donc, même s’il s’essouffle parfois légèrement par moments, et même s’il est presque décevant que le personnage réussisse finalement à atteindre le piano… on eût presque souhaité que la lutte se poursuive indéfiniment !

On n’est pas là au summum de l’art clownesque quand on compare aux très grands, mais c’est un joli spectacle familial, fort maîtrisé, qui aura le grand avantage de plaire à tous. On est là dans l’une des promesses du 13ème Art, qui est de faire venir en France des spectacles célébrés à l’étranger mais inconnus du public français.

A voir jusqu’au 12 novembre 2017.

Distribution : avec Thomas Monckton avec le Cirko Aereo
Visuels: (c) J. Rahijarvi et H. Sorjonen

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Mathieu Dochtermann
Passionné de spectacle vivant, sous toutes ses formes, des théâtres de marionnettes en particulier, du cirque et des arts de la rue également, et du théâtre de comédiens encore, malgré tout. Pratique le clown, un peu, le conte, encore plus, le théâtre, toujours, le rire, souvent. Critère central d'un bon spectacle: celui qui émeut, qui touche la chose sensible au fond de la poitrine. Le reste, c'est du bavardage. Facebook: https://www.facebook.com/matdochtermann

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